Jean-Christophe Sellin « Les multinationales sont en train de faire main basse sur la ville »

 

Vous contestez les politiques d’austérité au niveau national, mais en quoi est-ce un enjeu local ?

Les politiques européennes et nationales ont toujours des conséquences locales. D’ailleurs les préambules à tous les budgets présentés à Toulouse en conseils municipal et communautaire sont le Pacte européen budgétaire et le Pacte de confiance et de responsabilité de réductions des dépenses publiques. Aujourd’hui  la réalité est que l’Europe et l’Etat expliquent aux collectivités locales qu’elles doivent réduire leurs dépenses, donc leurs marges de manœuvre pour les politiques publiques. Il n’y a donc plus de souveraineté budgétaire ! Etrange au moment où l’on vient de fêter le 825e anniversaire de la déclaration des libertés communales à Toulouse… Nous nous opposons fortement à cette logique.

Quelle est votre position sur la création des métropoles ?

Nous sommes farouchement contre la logique de métropole qui entre dans le schéma directeur de l’Europe libérale. La construction libérale de l’Europe a clairement les Etats et les souverainetés populaires en ligne de mire. Le but est de mettre en concurrence les territoires au sein même de notre pays à l’aide de plusieurs outils. Parmi eux, il y a donc le fait urbain qui sera organisé autour de la métropole, et le fait rural qui sera pris en charge par la Région. La réforme engagée des collectivités locales n’en est que la triste illustration. On prend ainsi en sandwich les démocraties communales et les Conseils généraux. Ceci n’est absolument pas une vue de l’esprit puisque les exemples de la métropole lyonnaise qui a fusionné avec le Conseil général, et du Grand Paris, montrent bien la direction engagée par le gouvernement. Ils sont des phénomènes de laboratoire.

N’êtes-vous pas un brin provocateur sur la question de la municipalisation de l’eau, et sur celle des régies plus globalement ?

Véolia dehors ! Basta ! Oui la ville doit pouvoir être maître de son eau, de son assainissement et de ses déchets. Mais il en est de même dans d’autres secteurs pour Vinci ou Decaux… Les multinationales sont en train de faire main basse sur la ville. Or quand on est vraiment de gauche, on se bat pour que la puissance publique reprenne la main, et que le marché ait le moins de place possible.

Quel est le principal reproche que vous faites à Pierre Cohen ?

Que son bilan ne soit pas à la hauteur des besoins sociaux, humains, écologiques et démocratiques de cette ville. Je ne jette pas tout dans son bilan : il y a des éléments positifs tels la rénovation des écoles, la réhabilitation de l’hyper-centre, la politique culturelle… Je ne suis donc pas dans la critique à outrance dans laquelle certains voudraient m’enfermer, et je m’oppose avant tout sur les choix budgétaires. Je suis un adversaire qui base son jugement sur des faits et une analyse.

Etes-vous dans une posture ?

Certainement pas. Nous sommes simplement avec mon équipe dans un positionnement politique.

Négociez-vous avec Pierre Cohen ?

Nous ne sommes pas dans ça, mais bien dans l’affirmation de notre programme. Ce qui nous guide, ce ne sont certainement pas d’hypothétiques négociations avec Pierre Cohen. On ne se présente pas pour ça ! Sinon nous aurions négocié avant. Un rapport de force se crée avant tout sur des positions politiques et alternatives.

Pensez-vous que la campagne sera respectueuse ?

Je ne pense pas que notre liste ait mordu le trait jusqu’à présent. La campagne peut être dure sans être violente, non ?

Propos recueillis par Thomas Simonian

Cv EXPRESS

1980-1992 : Il est militant de la 4e internationale

1996-2008 : Actif au sein de la gauche du PS auprès de Jean-Luc Mélenchon

2008 : Il est membre fondateur du Parti de Gauche aux côtés de son mentor

Juin 2008 : Le Parti de Gauche 31 annonce une liste autonome aux municipales

 



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