Jean-Christophe Sellin: «Il faut que chacun puisse s’exprimer»

Acteur associatif depuis de nombreuses années dans le domaine de l’éducation artistique, le conseiller municipal délégué aux musiques et au Conservatoire de Pierre Cohen, est aussi le leader local du Parti de Gauche de Mélenchon. Très critique envers le discours actuel de François Hollande tout en restant pour le moment fidèle à la majorité toulousaine, il pose tout de même les jalons d’une liste autonome aux prochaines municipales. Une rencontre franche et directe dans son bureau du Capitole. Zebda, Hendrix, Tugan Sokhiev ou Ella Fitzgerald sont au mur… Un élu, une ambiance.

Après les séquences présidentielles et législatives, doit-on parler de Jean-Luc Mélenchon en termes de réussite ou d’échec ?

Vous êtes là quasi dans le commentaire, mais la réalité, c’est que le Front de Gauche représente aujourd’hui dans ce pays près de 4 millions d’électeurs. Du point de vue de ce que l’on a fait durant la campagne, nationalement mais aussi à Toulouse avec un meeting historique place du Capitole, c’est évidemment un succès. Il avait été fixé pour la Présidentielle un score à deux chiffres. Or nous avons réalisé 11% … Et 16% à Toulouse. Ce n’est donc pas moi qui vais vous parler d’échec !

Nous parlons surtout d’échec suite au face-à-face «loupé» avec Marine Le Pen sur Hénin Beaumont ?

Force est de constater que la sociale démocratie dans le Nord a laissé un paysage politique en déshérence… Et que le Front de Gauche a été le seul à avoir le courage de «relever le gant». Il faut donc analyser les choses en termes de dynamique et de mouvement. La réalité, c’est que de plus en plus de Français sont séduits par notre discours. Le Front de Gauche représente clairement une alternative politique de masse crédible.

François Hollande est intervenu dimanche soir pour présenter son plan anticrise. Son discours qui a allié austérité et flexibilité a dû vous décevoir, non ?

Bien entendu, ce discours m’a dérangé. Je n’y ai pas retrouvé mes valeurs. C’est une question de marqueur à gauche. Quand on est de gauche, on est là pour défendre la retraite à 60 ans, pour promouvoir le service public, pour ne pas chasser les Roms, pour lutter contre le libéralisme européen et pour mettre en avant l’égalité des droits. Maintenant si on se met à faire autre chose, cela va effectivement devenir inquiétant.

Dans ces conditions, n’est-il pas difficile d’appartenir à des majorités municipales comme celle du Capitole ?

Dans une majorité municipale, nous avons un accord sur une politique locale à mener, bien que nous ayons parfois des débats sur des curseurs et des votes différenciés sur certaines thématiques symboliques comme l’eau, le logement ou les transports. Les débats nous traversent mais nous sommes assez grands pour prendre de la hauteur vis-à-vis de la politique nationale.

«Mme Dounot-Sobraques pensait que la musique s’arrêtait à Stravinsky»

Comment allez-vous préparer dans ce contexte les Municipales de 2014 ?

Attendez, avant de parler municipales, soufflons un peu ! Depuis 2009, nous allons vivre la première année sans campagne. Je ne suis donc pas obligé de vous alimenter de petites phrases… Mais je vous l’accorde, la question des Municipales va bientôt se poser et une logique politique devrait se mettre en œuvre. Le Front de Gauche se battant nationalement pour être une alternative, nous devrions la proposer par conséquent au moment des Municipales. Y compris avec une logique collective si l’on souhaite faire «le plein» à gauche. Une seule liste, avec un arbitrage administratif et politicien, briderait une partie de notre électorat. Il faudra que chacun puisse s’exprimer le temps de cette échéance.

Quel bilan faites-vous de l’action municipale ?

Pour le moment, il est positif. Maintenant dans la dernière phase du mandat, il y aura des marqueurs sur lesquels nous allons devoir avancer. Je pense à la municipalisation de l’eau ou des déchets. Je pense aux dossiers du logement ou des parkings.

Parlons de votre délégation. Le projet de SMAC (salle de musiques actuelles) va enfin voir le jour sur le quartier de Borderouge. Que pourra-t-on y voir ou faire ?

Concernant la question des musiques actuelles à Toulouse, il y avait un problème. L’ancienne municipalité, et en particulier mon prédécesseur Mme Dounot-Sobraques, pensait que la musique s’arrêtait à Stravinsky… Notre souhait est de valoriser la filière des musiques actuelles avec bon nombre d’actions. Mais cette salle répond aussi à un besoin particulier sur un quartier qui compte maintenant près de 20 000 habitants, et qui n’avait aucun équipement culturel.

 

Thomas Simonian



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