Je te tiens, tu me tiens …

Thomas Simonian EditoNi l’un ni l’autre n’ont une barbichette. Et pourtant … Jean-Luc Moudenc et Pierre Cohen aiment les joutes offensives, et se tiennent non pas avec le doigt sur le menton de l’autre, mais par leur bilan respectif. « Tu as vidé les caisses de la mairie ! » attaque le premier. « En 2008 il n’y avait plus rien à Tisséo ! » répond le second. Tel est le dialogue de sourds auquel nous avons droit depuis de trop longs mois entre les deux interprètes principaux du vaudeville qu’est devenue la politique toulousaine.

Il y a les promesses oubliées. Une campagne électorale oblige trop souvent à une bande-annonce alléchante. Un best of d’engagements qui font parfois rêver … Et Dieu sait qu’en ces temps moroses, se rapprocher des étoiles fait parfois un bien fou. Oui mais voilà, quand le réveil sonne la réalité fait alors parfois mal. On a mal à la tête, et notre corps subit les effets des courbatures. Un an après les municipales, le malaise est donc là … Serions-nous ankylosés ? Les symptômes sont là, mais le bon médecin n’a pas encore pointé le bout de son nez. Car pour parler vrai, droite et gauche confondues, à Toulouse comme ailleurs, nous mènent en bateau depuis trop longtemps. Un bateau ivre. Car si la promesse de ne pas augmenter les impôts locaux n’a pas été tenue, c’est la faute au sacrosaint … désengagement de l’Etat.

Depuis 2007, que vous soyez dans une majorité ou dans une opposition, personne n’a pu échapper à la tarte à la crème du désengagement de l’Etat. Entre 2007 et 2012, les socialistes qui étaient à la tête de collectivités n’avaient de cesse que de vilipender la Sarkozie qui mettait à mal leurs budgets avec la baisse continue (réelle) des dotations de l’Etat. L’argumentaire semblait cohérent. Sauf que depuis 2012, les rôles sont inversés, mais le discours toujours le même. Car la gauche hollandaise n’a finalement rien changé … L’espoir est éteint. Et la baisse des dotations de l’Etat perdure. Une preuve de plus que droite et gauche ont menti. Une preuve de plus de ce qui fait le lit du Front national.

Et maintenant ? Si nos impôts locaux augmentent, à Toulouse comme dans d’autres grandes villes, c’est donc la faute aux politiques eux-mêmes … Leur quête permanente de pouvoir les prive de toute volonté de réforme tant au niveau local que national. Il y a quelques années, on a créé les communautés d’agglomérations afin de réaliser des économies d’échelle, en mutualisant des compétences et des services. Résultat des courses : les charges de fonctionnement explosent désormais et dans les municipalités, et dans ces communautés. Nous avons eu droit également à une réforme territoriale qui a provoqué un nouveau mode de scrutin pour les élections départementales que nous venons de vivre. Résultat des courses : nous avons par exemple en Haute-Garonne plus d’élus qu’avant. Les questions sont donc là : nos élus seraient-ils incompétents ? Seraient-ils aveugles ? Est-ce grave docteur ? Faut-il tirer fort sur leur barbichette pour les réveiller ?

 

 



2 COMMENTAIRES SUR Je te tiens, tu me tiens …

  1. Lafon dit :

    Une baisse “réelle” de dotations d’etat sous Sarkozy? de combien Monsieur Simonian?
    Et sous hollande une baisse supposée? mais de combien?
    Un peu de rigueur journalistique permettrait de vous placer au dessus de ces élus que vous dénoncez.
    A moins que rester a leur niveau vous suffirait….

    • Thomas Simonian
      Thomas Simonian dit :

      Comme répondu sur les réseaux sociaux Arnaud, il ne s’agit pas ici d’illustrer un quelconque propos par des comparaisons de chiffres entre les uns et les autres. Simplement de faire le constat qu’en 2007 dans toutes les collectivités la gauche accusait la droite d’un désengagement de l’état … Rebelote en sens inverse depuis 2012. Comme un dialogue de sourds qui ne fait avancer personne. Quand on arrive aux affaires on ne cesse d’accuser le prédécesseur de tous les maux. C’est ce système politique “politicard” manichéen qui met à mal toute possibilité de réforme. Et au JT on essaie de stimuler les débats, les confrontations, les idées d’où qu’elles viennent … Vivement Arnaud Lafon dans l’un de nos débats !

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