«J’ai levé le tabou des frontières»


Dimanche dernier, le Hall 5 du Parc des expositions était trop juste pour accueillir la tournée présidentielle du président sortant. L’organisation a même été un temps dépassée par une foule de militants pressée de se retrouver devant la scène logotypée “La France forte”. C’est un Nicolas Sarkozy, non résigné, combatif et décidé à reconquérir les électeurs de Marine Le Pen qui était à Toulouse.


C’est l’ancien maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc qui a «ouvert le bal» dans un Parc des expos à la chaleur étouffante : «Ils racontaient que vous ne seriez pas là… Et que dans une terre de gauche la salle serait à moitié vide. Merci d’être venus pour dire «On y croit !», pour dire que c’est vous qui allez décider le 6 mai !» En ces terres socialistes, et à un moment de la campagne ou l’extrême-droitisation du discours de Nicolas Sarkozy est fortement attaquée, la direction de la campagne du président candidat a décidé de mettre en lumière à Toulouse l’aile gauche des soutiens sarkozystes. Jean-Marie Bockel, ancien socialiste, ancien ministre et président du mouvement «La Gauche moderne» est donc monté à la tribune, avec une stratégie clairement affichée.  

Légitimer les soutiens venant de gauche afin de continuer à «droitiser» un discours et partir ainsi à la reconquête d’un électorat perdu au Front National : «J’ai choisi, moi homme de gauche, de voter Nicolas Sarkozy. Un homme qui a été critiqué comme jamais on ne l’a été dans notre république.» L’ancien maire de Mulhouse a également attaqué l’adversaire : «Ce que le peuple attend, ce sont des réponses. Et ce que n’a pas François Hollande, c’est l’art de la décision, du courage et de l’audace.» C’est ensuite un retour sous les feux des projecteurs auquel nous avons eu droit avec un discours signé Claude Allègre, l’ancien ministre de Lionel Jospin : «Je voulais témoigner ici par rapport aux attaques ignobles dont Nicolas Sarkozy a été la cible. Ma simple présence garantit que cet homme est un démocrate total. L’espoir n’a qu’un seul nom, Nicolas Sarkozy !» La lumière tombe, l’ambiance s’électrise, une musique sortie tout droit d’un péplum envahit la salle, il est là et entre en scène. Nicolas Sarkozy comme à son habitude va sortir une thématique forte durant son propos. A Toulouse, il l’a décidé, sans doute avec l’aide des complices Henri Guaino et Patrick Buisson, il mettra en avant la notion de frontières en soulignant «l’importance cruciale des frontières dans la mondialisation.» Le mot frontière lui a également permis de développer les valeurs qu’ils comptent «porter» en cette fin de campagne : «Je ne parle pas seulement d’une frontière géographique, mais aussi de la frontière morale. La frontière sépare le dedans du dehors, la frontière permet d’avoir un foyer, un espace d’intimité dans lequel on peut choisir qui on fait entrer. La frontière, c’est l’affirmation que tout ne se vaut pas, qu’en- tre chez-soi et dans la rue, ce n’est pas pareil. Ce n’est rien d’autre que le long travail de la civilisation». Nicolas Sarkozy souhaitant être clair avec son électorat dans cette dernière ligne droi-te a associé à la notion de frontières celle de nation : «La Nation c’est le partage d’une idée collective». Un discours fort, souvent clivant, prompt à rassurer son électorat, Nicolas Sarkozy a séduit des milliers de militants à Toulouse (15 000 personnes selon la Fédération UMP31). Il lui reste un défi. Séduire les millions de Français qui pourraient l’aider à renverser les sondages actuels. Une certitude : la «bête de campagne» qu’il est ne «lâchera» rien… Jusqu’au bout.

Thomas Simonian
thomas.simonian@premiere-reponse.com

Micro-trottoir

Némésis, 18 ans, étudiante «Je soutiens Nicolas Sarko-zy parce que ses idées sont en totale adéquation avec les miennes. Ce qu’il dit correspond à ce que je pense. Je trouve qu’il a été diabolisé mais il n’a pas fait que des mauvaises choses comme le scande à-tout-va la Gauche.»

Monique, 68 ans, sage-femme à la retraite «Je suis là pour soutenir Nicolas Sarko-zy parce que j’estime que, depuis qu’il exerce la fonction de président de la Ré- publique, les réformes qu’il a mises en place sont allées dans le bon sens. De plus, il est courageux, il a osé se mouiller, ce qui lui a valu d’être caricaturé scandaleusement. Quand on l’accuse d’être le président des riches, je suis la preuve vivante que ce n’est pas vrai : je suis d’origine modeste et pourtant j’ai une totale confiance en lui car il est le seul capable de sortir la France de la crise avec un programme solide. En ce qui concerne le meeting, l’ambiance est au rendez-vous, ce qui prouve à quel point on l’aime et on le soutient.»

Rachel, 49 ans, cadre «Nicolas Sarkozy est le seul à pouvoir nous sortir de la crise. Il a su récupérer des gens de Gauche com-me Jean-Marie Bockel et Claude Allègre qui viennent maintenant lui apporter leur soutien. Je pense que cela lui a permis de se recentrer quand certains l’accusaient de partir un peu trop à droite.»

Xavier, 42 ans, juriste «Je trouve que Nicolas Sarkozy développe de très bonnes idées, notamment la baisse du taux de TVA, mais aussi la réciprocité des marchés publics ainsi que sa conception des frontières. Pour ce meeting à Toulouse, il a été au-delà de mes espérances.»

 

Hector, commercial international à la retraite et Jeanine, professeur de lettres à la retraite «Tout d’abord, nous tenons à souligner que ce meeting était très mal organisé. A l’époque de la télévision numérique, ils auraient quand même pu penser à mettre des écrans géants à l’extérieur pour que tout le monde ne s’entasse pas comme cela a été le cas. Nous avons vu des militants mécontents qui ont dû repartir, faute de pourvoir écouter leur candidat.

Hector : Hormis l’organisation, l’intervention de Nicolas Sarkozy était très bien. Au premier tour, j’ai voté Front National et je constate que le président sortant reprend maintenant les idées et propositions de Marine Le Pen, donc je suis satisfait. Simplement, c’est dommage qu’il n’ait pas profité de son précédent mandat pour faire ce qu’il promet aujourd’hui.»

Arnaud et Flavien, 19 ans, étudiants en droit «En comparaison avec les autres candidats, Nicolas Sarkozy est celui qui se rapproche le plus de nos idées et dans le contexte actuel, la France a besoin de quel- qu’un d’expérience, qui sache s’affirmer. Pour ce meeting toulousain, nous avons clairement compris qu’il transposait le terme de “frontières” à tous les thèmes de la campagne.»

Annie, 58 ans, agricultrice «Dans le milieu agricole, Nicolas Sarkozy a fait beaucoup pour nous, notamment en ce qui concerne les normes européennes. Je ne suis pas déçue, ce meeting correspond tout à fait à ce que j’attendais.»

Carla, 16 ans, lycéenne «Ma famille a toujours voté à Droite, j’ai baigné dedans depuis ma plus tendre enfance. Les idées que proposent Nicolas Sarkozy sont justes et, pour mon premier meeting, j’avoue que j’ai été impressionnée.»

Francine, 57 ans, artisan coiffeuse «La Gauche représente tout ce que je ne pense pas. Le choix s’imposait donc de lui-même. Je regarde Nicolas Sarkozy tous les jours à la télévision et je trouve que ses discours sont forts et traduisent son courage et sa sincérité. Sa carrière politique reste exceptionnelle. Le meeting de Toulouse prouve bien que les gens se mobilisent autour de lui. Il s’agit d’un appel fort qui doit être concrétisé pour soutenir la France.»

Margaux, 18 ans, étudiante en esthétique «Nicolas Sarkozy a été super, il avait une élocution parfaite, il s’est exprimée très clairement sur ce qu’il comptait faire au lieu de critiquer les actions de Hollande, comme se plaît à le faire la Gauche. Ces derniers n’ont aucune tenue, ils tiennent des propos agressifs et se positionnent cons- tamment dans la provocation.»

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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