Jacques Thouroude: «Malvy, le roi soleil»

Il y a quinze jours, la Une de votre hebdomadaire «Qui après Martin Malvy ?» a fait beaucoup de bruit. Le groupe «Osons Midi-Pyrénées» nous a d’ailleurs délibérément contactés pour lever toute ambiguïté. Les élus emmenés aujourd’hui par le Tarnais Jacques Thouroude ne sont pas décidés à se résigner, et ne veulent pas laisser penser que l’opposition serait éteinte face au président Malvy. Bien au contraire, ils envisagent offensivement l’avenir et sont même persuadés qu’à l’issue des municipales de 2014, ils auront trouvé «l’homme ou la femme qui incarnera la reconquête de la région.» Rencontre donc avec Jacques Thouroude (président du groupe) et Elisabeth Pouchelon (élue régionale haut-garonnaise.)

Pourquoi si peu de réactions sur la personnalité de Martin Malvy ?

Jacques Thouroude : Je pense que nous sommes bercés par une certaine douceur angélique qui fait que Martin Malvy paraît comme l’homme parfait. D’abord n’oublions jamais que tout ce qu’il fait, il le fait avec l’argent du contribuable. La réalité est que nous votons certaines délibérations qui vont dans le bon sens, mais que de manière générale, il y a beaucoup d’éléments qui nous surprennent… Il fait très souvent un pas en avant puis un pas en arrière. Qu’il soit président, nous le contestons pas, mais je crois qu’il faut reconnaître que la position qu’il tient à l’égard de notre groupe n’est pas respectueuse. Dès que nous exprimons une contradiction à sa politique, il ne le supporte pas.

Comment analysez-vous la position du président de la région vis-à-vis de la politique du gouvernement envers les collectivités ?

JT : Martin Malvy a cherché à freiner durant des années l’action du gouvernement de Nicolas Sarkozy et de François Fillon en utilisant le slogan du «désengagement de l’Etat». Il a notamment fait en sorte, comme ses collègues des autres régions, de réduire les investissements pour placer notre pays dans des indicateurs négatifs. Et aujourd’hui, c’est le même Martin Malvy qui nous explique que l’Etat va s’appuyer sur les régions… Mais sans moyens supplémentaires ! Ce changement de posture est choquant.

E. Pouchelon : «Nous sommes victimes d’une politique de favoritisme»

Votre groupe attaque la communication de Martin Malvy…

JT : Le budget communication de la région est réparti sur de nombreux postes et n’est pas globalisé. S’il devait l’être, nous serions surpris de l’addition. Monsieur Malvy communique énormément, il a un staff énorme de communicants autour de lui. Toute cette communication est principalement dédiée à sa propre personne. Il souhaite finir son mandat avec une couronne sur la tête et avec des projecteurs qui l’éclairent.

Elisabeth Pouchelon : En cette période de crise, il est indécent que nos collectivités se paient le luxe de campagnes promotionnelles. C’est le cas également, en ce moment, du conseil général. C’est inadmissible !

Vous contestez donc franchement l’image du bon fonctionnement de cette région ?

JT : Nous avons une région qui sert ses amis politiques.

EP : Nous critiquons également la politique de subventions aux associations. Nous avons même parfois des difficultés à nous prononcer car nous n’avons pas accès à l’intégralité des dossiers, et de toute façon nous n’aurions ni le temps ni le personnel de tout examiner… Mais nous en dénonçons dès que nous le pouvons. Récemment, la région a subventionné le mouvement Attac. N’est-ce pas là du clientélisme ? Où est l’intérêt ?

Mais une telle subvention n’est-elle pas une goutte d’eau dans le budget global ?

EP : Que la majorité aille alors expliquer de tels choix à leurs électeurs qui gagnent 1000 euros par mois.

Que pensez-vous du fonctionnement de la gauche plurielle régionale ?

JT : Regardez ce qui s’est passé pour le vote de la LGV. Si l’opposition n’avait pas voté avec Martin Malvy sur ce dossier, il ne serait pas passé. Un comble non ? Les écologistes, les radicaux et le Front de Gauche avaient voté contre. Lors de la précédente mandature, le président décidait de tout et tout seul. Cela continue aujourd’hui, mais maintenant les écologistes contestent ce fonctionnement… Lors de la dernière plénière, Gérard Onesta s’est plaint de la modification d’un vœu.

Aujourd’hui l’opposition est encore divisée à la région. Pour combien de temps ?

EP : Cette scission n’a plus de raison d’être. Etre divisés n’amènera jamais à la victoire. Nous devons réunir notre famille.

Quel est l’avenir de la droite en Midi-Pyrénées ?

JT : Je ne suis pas un adepte de la politique fiction, et je crois d’abord à la reconquête des territoires. Avançons par étapes, avec en ligne de mire les municipales de 2014.

EP : Les électeurs commencent à se rendre compte que nous sommes collectivement victimes d’une politique de clientélisme et de favoritisme. La réalité, c’est que nos collectivités sont ici toutes gérées par les socialistes, qu’elles sont surendettées, font des dépenses somptuaires et dilapident l’argent public. Nous nous préparons donc sereinement à l’alternance…

 

Thomas Simonian



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