[ITW XXL] Serban Iclanzan : « Ce département a fait le choix du crédit revolving »

serban iclanzan @dr

Nouveau. Ce chef d’entreprise venu du monde de la presse fait une entrée remarquée dans la politique. Il vient d’être élu Conseiller départemental (canton Toulouse 11) et se dit déjà prêt à ferrailler avec la majorité socialiste… Calme et avec un accent qui rappelle ses origines roumaines, il est assurément l’un des espoirs de la droite haut-garonnaise.

 

Comment un chef d’entreprise comme vous est-il entré en politique ?

Au départ, c’est mon épouse qui est très intéressée par la politique, et qui m’a embarqué dans l’engagement public. C’est ainsi que je me suis lancé dans l’aventure municipale à Ramonville, en me retrouvant à la tête d’une liste qui s’opposait au maire. Le temps est passé, et à l’automne l’UMP est venu me chercher pour la campagne départementale en me disant : « On a besoin de quelqu’un comme toi. » J’ai pu alors compter sur le soutien de tout l’appareil. J’ai été surpris et flatté à la fois. Par ailleurs, je pense qu’il faut que des personnalités issues du monde de l’entreprise prennent le risque de s’intéresser à la politique, sinon on va la laisser uniquement à des rentiers ou des fonctionnaires… Il faut amener un souffle nouveau.

Etiez-vous plus serein dans cette campagne que lors de votre première expérience qui était municipale ?

Indéniablement oui, même si ces deux campagnes étaient différentes. Durant la campagne municipale tout s’organise autour de vous, alors que là il y avait une vraie dynamique collective sur l’ensemble du département. Il y avait l’union entre plusieurs formations politiques, avec des personnalités expérimentées qui nous conseillaient et un vrai projet de renversement de majorité. J’ai surtout eu la chance de constituer un super binôme avec Marion Lalane de Laubadère. Nous étions parfaitement en accord sur la stratégie à mener.

Votre canton a certes été gagné par la droite, mais sur l’ensemble du département le revers est cuisant, non ?

Le couteau n’est sans doute pas encore arrivé à l’os. C’est ce qui explique sans doute la liberté sociologique dont nous avons été une nouvelle fois les victimes. Nous avions dans ces élections une gauche très divisée, avec un PS que nous pensions isolé… Mais au final il a su se défaire de ses vrais-faux alliés en ne leur devant rien. Quant à nous, nous avons été pris entre le marteau et l’enclume. Entre le PS et le FN. Et dans ce département, il y a eu indéniablement un effet Valls, avec ce Premier ministre qui a agité des peurs et qui a mobilisé la gauche. Cette stratégie nationale a eu beaucoup plus d’effet dans le Sud-Ouest qu’ailleurs …

 

« Le couteau n’est sans doute pas encore arrivé à l’os »

 

Mais pourquoi cet échec ?

Nous avions une union qui allait du MoDem au MPF, et qui s’est concentrée sur des projets concrets. Nous avons fait notamment campagne sur une meilleure gestion de l’institution, en prenant en compte la baisse des dotations de l’État. Notre posture était réaliste. L’électeur avait donc le choix entre un recentrage sur l’essentiel en ne laissant personne sur le côté, et un crédit revolving… Notre message est mal passé, et ce département a fait finalement le choix du crédit à la consommation. Les premières mesures prises par la majorité vont d’ailleurs dans ce sens : augmentation du nombre de vice-présidents et de membres de la Commission permanente. Tout cela n’a qu’une finalité ; des indemnités en plus ! Je suis vraiment triste car nous avions parmi nos équipes des binômes de qualité.

Quelle opposition allez-vous être au sein de l’assemblée départementale ?

Nous allons sans doute être un « punching ball » agréable, mais nous serons surtout là pour alerter et mettre en garde.

Votre première action ?

À l’instar de ce qui se pratique à l’Assemblée nationale et au Sénat, voire dans certains Conseils départementaux, nous avons demandé à ce que la Commission des Finances soit présidée par un membre de l’opposition. Résultat, nous n’avons rien obtenu ! La réponse de la majorité est contradictoire car ils se sont vantés durant toute la campagne d’avoir un bon bilan… Nous aurions aimé pouvoir en témoigner.

Dans votre canton, la grosse actualité reste le dossier du prolongement de la ligne B du métro…

Il a même été le fumigène de cette campagne. La problématique est simple : Il s’agit d’un retard pris du fait de Pierre Cohen, avec le silence complice du maire de Ramonville Christophe Lubac. Ce dernier s’est réveillé tardivement en ardent chevalier défenseur de ce prolongement… La réalité c’est que c’est l’administration Moudenc qui a relancé l’enquête publique qui est aujourd’hui en cours. Voici donc la preuve que le maire de Toulouse accompagne le processus jusqu’au bout contrairement à ce qui est dit ici et là. Ceci étant dit j’espère que ce sujet ne sera pas le seul qui sera traité dans l’avenir entre le département et la métropole.

Le Conseil départemental a retiré la ligne budgétaire qui concernait la LGV. Cela vous inquiète-t-il ?

C’est un sujet majeur pour la métropole et pour le département, mais est-il majeur pour M. Méric ? Ce territoire ne peut pas continuer à être en dehors des réseaux de transports modernes. On ne peut plus fuir. Que voulons-nous ? Un PLB bis ? Prenons nos responsabilités.

Vos opposants socialistes (Christophe Lubac et Françoise Pouget, ndlr) lors de cette dernière campagne départementale viennent de déposer un recours suite à votre élection. Restez-vous serein ?

Je le suis. Nous n’avons rien à nous reprocher…

 

CV EXPRESS

Il a 39 ans, marié et quatre enfants. Il dirige un groupe de presse, et exerce également en qualité de traducteur et interprète.

Fonctions : Conseiller départemental de Haute-Garonne (canton Toulouse 11), membre de l’UMP

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.