[Interview XXL] Philippe Saurel : « On ne va pas à une élection pour faire du bruit »

XXL Philippe SaurelForte tête. Le maire de Montpellier a officialisé sa candidature aux élections régionales. Exclu du PS pour avoir raflé la mairie au candidat socialiste investi, il semble prêt à récidiver face à Carole Delga. Il présente une liste ‘‘citoyenne’’ sans l’appui d’aucun parti… De quoi mettre également dans l’embarras Gérard Onesta et son appel citoyen.

 

Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter aux élections régionales ?

Je propose un schéma politique qui m’a mené à la victoire à Montpellier : une liste citoyenne, divers gauche et écologiste. Ce cocktail a été approuvé par les électeurs aux départementales, car quatre cantons sur 5 dans l’Hérault ont été remporté par des candidats issus de cette mouvance. Sur le théâtre politique des régionales, elle représente la meilleure alternative face à la montée du Front national.

 

Lors de votre campagne municipale, vous aviez promis de vous consacrer à votre mandat de maire, quid de cet engagement ?

J’aurai pu me présenter aux sénatoriales, je ne l’ai pas fait. J’étais conseiller général, j’ai démissionné. Dans le cadre de cette réforme territoriale, qui mieux que moi, peut défendre l’équité territoriale entre les deux régions ? Tous les candidats sont issus de Midi-Pyrénées. Toulouse va être la capitale régionale. Je suis d’accord avec cela, mais il faut des compensations pour Montpellier.

 

Il existe déjà une tentative de créer un mouvement citoyen soutenu par Gérard Onesta (EELV), le Parti de gauche et le Parti occitan…

Gérard Onesta, c’est l’ancien logiciel. Moi, je ne suis pas d’un parti politique. Les Verts, le Parti de gauche sont des partis. On peut s’inventer citoyen ou dire que tout le monde est citoyen, qu’on soit d’un parti ou pas… Mais moi je me base sur une expérimentation qui a fonctionné, et sur un programme. Le développement économique sera le fer de lance de la future région. Il doit se baser sur la santé, le numérique, la mobilité, l’industrie, l’agro-écologie alimentaire, l’enseignement et la culture… On ne va pas à une élection pour faire du bruit mais pour proposer de grandes orientations.

  « Gérard Onesta, c’est l’ancien logiciel »

Vous identifiez-vous au mouvement Podemos et à son leader Pablo Iglesias ?

J’ai rencontré le leader de Podemos à Montpellier, et nous avons un certain nombre de points communs. Mais nous n’avons pas la même histoire avec l’Espagne, nous n’avons pas les mêmes contraintes et nous ne sommes pas dans la même situation économique. Par contre, je me retrouve dans l’esprit qui anime Podemos.

 

Ne craignez-vous pas que la multitude des listes à gauche fasse le jeu de la droite, voire de l’extrême droite ?

Cette question, il faut la poser à Monsieur Onesta, au PRG, au PC, au Parti de gauche…Quand j’ai rencontré Manuel Valls, il m’a dit qu’il fallait une union de la gauche. Mais je ne représente pas un parti ! C’est à eux de faire l’union. Je me considère comme socialiste, mais  plutôt tendance Jean-Jaurès que Cambadélis…

 

Qui souhaitez-vous rassembler dans votre liste ‘‘Citoyens du Midi’’ ?

Je veux rassembler ce que j’appelle ‘‘le terreau de la République’’, c’est-à-dire des maires et des citoyens. Les uns sont des acteurs au plus proche de la population, les autres sont légitimes à agir. Si certaines personnes sont membre d’un parti, elles ne représenteront pas leur formation mais seulement elles-mêmes. Et si jamais je n’arrive à avoir les 184 noms, je ne serais pas candidat.

 

Une campagne de cette ampleur sans l’appui d’un parti va être difficile, comment comptez-vous faire ?

A cœur vaillant rien d’impossible ! Si ce n’est qu’une question de moyens logistiques et techniques, ce n’est pas un problème. Je ferai ce que je peux faire. Je fais de la politique de façon artisanale, un peu à la gauloise, sur le territoire et non pas de Paris… Mais je n’ai jamais perdu une élection, et la prochaine sera la dixième à laquelle je me présente.

 

On vous compare parfois à Georges Frêche, avez-vous l’impression de marcher dans ses pas ?

Georges Frêche a gagné la Région avec l’appui du PS local et de la fédération. Moi, j’ai gagné Montpellier sans le parti. Aujourd’hui, au sein du conseil municipal, le clivage n’est pas gauche-droite, mais citoyens d’un côté et partis politiques de l’autre. Pour revenir à Georges Frêche, c’est lui qui m’a donné ma chance. Je ne mordrai jamais la main qui m’a permis d’être là.

 

CV express :

 

Né le 17 décembre 1957 à Montpellier, Philippe Saurel est dentiste de métier. Il a passé 20 ans au Parti socialiste avant d’être exclu lors des dernières élections municipales. Il a été adjoint au maire de Montpellier, conseiller général de l’Hérault réélu à deux reprises, et député suppléant d’Anne-Yvonne Le Dain.

Fonctions : Maire de Montpellier et président de la métropole.



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