[Interview XXL] Olivier Arsac : « La gauche est notre meilleure agence de communication »

olivier arsac @drMême pas peur. Il est la cible préférée de la gauche toulousaine, mais le monsieur sécurité du Capitole n’en a que faire, « je fais le job », répond-il avec un sourire en coin. La preuve : Il élargit l’arrêté anti-prostitution et se dit prêt à rafler le canton Toulouse 2, les 22 et 29 mars prochains.

 

La Dépêche du Midi a accusé cette semaine Jean-Luc Moudenc de se « menardiser. » Une allusion à votre politique dite sécuritaire …

L’opposition nous a attaqués de la même manière en conseil municipal. Cette presse là se fait donc le porte-parole de la gauche toulousaine … Cela pue la manœuvre politique à quinze jours des élections départementales. Ils ont chaud aux fesses et ils veulent ainsi mobiliser leur électorat. Je préfère en sourire car je reste persuadé que cette gauche est notre meilleure agence de communication. Elle nous construit une image d’hommes à poigne, or c’est ce que demandent les Toulousains aujourd’hui.

Vous êtes personnellement la cible de beaucoup d’attaques. Il y a cette image du « shérif Arsac » …

Qu’ils continuent comme ça, ils font ainsi notre campagne électorale. Ils ne s’en rendent peut-être pas compte, mais ils nous rendent vraiment service. Ils disent ainsi qu’on fait le job pour lequel on a été élu. Grâce à l’opposition les Toulousains voient que les chantiers sont sur les rails.

N’avez-vous pas le sentiment de faire un peu de provocation en multipliant les actions en matière de sécurité ? En quelques mois vous avez armé la police municipale, vous avez lancé le programme de vidéosurveillance et vous avez initié les arrêtés anti-prostitution … N’est-ce pas trop en si peu de temps ?

Non mais attendez ! toutes ces actions ne sont en rien des surprises. Nous avions annoncé toutes ces mesures durant la campagne municipale. Tout le monde devrait se réjouir … Nous faisons ce que nous avions promis. C’est ça la politique, la vraie ! L’opposition peut dire ce qu’elle veut, mais nous voyons bien à travers la campagne départementale que la sécurité reste le thème qui revient en permanence. Les gens sont saturés du bazar. Certains préfèrent sans doute cacher cette réalité, ce n’est pas mon style.

Vous venez de faire le bilan de l’arrêté anti-prostitution mis en place sur le quartier des Minimes. Est-ce une réussite ou déplacez-vous en fait le problème sur d’autres quartiers ?

Cet arrêté est l’une de nos plus grandes réussites depuis notre arrivée au Capitole. Aux Minimes, le problème est complètement résolu et autour de la rue Roquelaine, il l’est désormais quasiment … Les nuisances tendent à disparaître, et la courbe de signalements s’est effondrée. Quand la gauche nous dit que l’on déplace le problème, c’est vraiment qu’elle ne maîtrise absolument pas ce dossier. Il peut en effet y avoir un déplacement sur d’autres secteurs, mais le comptage moyen montre que ce déplacement n’est pas massif … La prostitution recule, c’est ça la réalité. Beaucoup de prostituées ont d’ailleurs quitté la ville, les réseaux les ont amenées ailleurs, loin de Toulouse. Le rapport de force s’est inversé, cela va dans le bon sens.

Mais derrière ces prostituées se cachent aussi des femmes en pleine détresse, non ?

La méthode Moudenc c’est de la fermeté, mais toujours avec une main tendue et un accompagnement social par ailleurs. Nous allons aider et soutenir les associations qui sont sur le terrain, et qui font notamment de la réinsertion. La mairie ne laisse personne sur le bord de la route.

« Le contexte national ne peut que nous aider »

 

Parlons des départementales. Ne craignez-vous pas une poussée du FN, y compris à Toulouse ?

La poussée risque d’être en effet générale, mais elle sera plus forte dans le rural. Il faut combattre le FN mais en respectant ses électeurs, et en n’hésitant pas à leur parler des sujets qui fâchent. En appartenant à Debout la France, je suis assez à l’aise pour échanger avec ces électeurs, car mon parti défend notamment l’idée d’une rupture économique avec une sortie de l’euro …

En cas de victoire de votre camp, le Capitole aura-t-il la main mise sur le département ?

Pourquoi ? C’était mieux avant avec une main mise d’Izard seul ? Bien entendu que Jean-Luc Moudenc sera écouté, mais il ne sera pas seul à décider … La gauche veut encore faire peur avec ce sujet. Je remarque d’ailleurs que certaines personnalités écoutées durant cette campagne, je pense à Jennifer Courtois-Périssé, à Jean-Marc Dumoulin ou à Arnaud Lafon, sont tous des élus extérieurs à Toulouse. Il y aura avec nous un réel équilibre entre l’urbain et le rural. Croyez le départementaliste que je suis.

Vous comprenez l’argument de la gauche qui dit que le Capitole pourra ainsi faire financer certains de ses projets via le département ?

Une manipulation politique de plus. Avant de faire quoi que ce soit, le département devra d’abord savoir se réformer pour faire face à la baisse des dotations de l’Etat. Il devra clairement faire des économies.

La victoire est donc envisageable pour la droite ?

Nous le sentons sur le terrain. Nous sommes encore dans la dynamique municipale, et le contexte national ne peut que nous aider.

CV Express

Fonctions : adjoint au maire de Toulouse en charge de la sécurité, maire de quartier (Sept-Deniers, Ginestous, Lalande) et élu métropolitain. Il est le président d’honneur de la fédération départementale de Debout la France.

 



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