[Interview XXL] Louis Aliot : « Le candidat de la droite, c’est moi »

Montpellier: Candidats aux Elections Regionales Languedoc-Roussillon Midi-Pyrenee 2015

STRATEGE. Tête de liste FN aux élections régionales, Louis Aliot arrive à la première position des intentions de vote au premier tour, selon les sondages. Les récents événements jouent en sa faveur, mais font également monter le PS, qui bénéficie de la cote de popularité grandissante du gouvernement. La dernière ligne droite de la campagne va être intense.

En quoi les attentats de Paris ont-ils modifié votre campagne ?

Nous avons annulé quatre meetings de campagne la semaine dernière, et nous avons aussi arrêté de tracter. Aujourd’hui, la campagne reprend petit à petit. Sur le terrain, les gens ne parlent que de ça, et pas des lycées, ni des trains. On constate que le président de la République prend des mesures que nous prônons depuis longtemps : le retour aux frontières nationales, l’interdiction du salafisme dans les mosquées, la perte de la nationalité française… Si l’on nous avait écoutés, on aurait certainement limité les dégâts. Une semaine avant les attentats, le plus grand danger pour tout le monde était le FN. Mais je ne veux pas être dans la surenchère, comme le fait Mme Delga en envoyant une lettre à nos concitoyens pour essayer d’arrondir les angles…

Dans ce contexte, quel est votre message envers les musulmans de notre pays qui craignent un amalgame avec les terroristes islamistes ?

Beaucoup de musulmans sont choqués par la situation. Ils commencent d’ailleurs à réagir, à prendre la parole et admettent qu’il y a un problème avec leur religion. Tout un pan de leur religion est un appel à la violence. Il faut que les spécialistes, les érudits qui connaissent bien le Coran tirent la sonnette d’alarme.

Un article du Point vous définit comme « l’aile modérée du parti », est-ce que vous êtes d’accord avec cette affirmation ?

Oui, je suis un nationaliste modéré. Je pense que les idées ne peuvent avancer que par le suffrage d’une élection et non par la révolution. Je respecte la pluralité des opinions et c’est la raison pour laquelle je suis pour la proportionnelle. Aujourd’hui, le sectarisme a pris le pas sur tout le reste. Si l’on reprend l’exemple de l’islam, on ne peut pas discuter sur ce sujet. Pourtant, critiquer l’islam fait partie du débat. Ce n’est pas être islamophobe, mais islamocritique. Il faut retrouver un débat serein sur cette question, car c’est les non-dits qui font monter l’extrémisme.

« Beaucoup de musulmans sont choqués par la situation »

Les sondages vous placent en tête du premier tour. Pourtant, la Région n’est pas considérée comme « prenable » pour le FN. Pourquoi à votre avis ?

Ce territoire n’est pas aussi favorable que l’est de la France, PACA et la Picardie. Même si Languedoc-Roussillon est au niveau de PACA, Midi-Pyrénées l’est moins. Mais entre la division de la gauche et l’effondrement de Dominique Reynié, qui n’a pas été accepté par ses troupes, mon objectif est d’être le plus haut possible au premier tour. Ensuite, il faudra que j’aille chercher les abstentionnistes et l’électorat de Dominique Reynié. Je pense qu’il est possible de lui prendre 4 ou 5%. Le candidat de la droite, c’est moi, pas Reynié. On connait ses positions favorables à l’entrée de la Turquie en Europe, au mariage homosexuel… Il est à contre-courant de la droitisation de son parti.

Un ancien élu FN, Jean-Claude Martinez, présente une liste dissidente à la vôtre. Quelle est votre réaction par rapport à cela ?

Cela fait 10 ans qu’il est dissident contre moi ! Il est dans la revanche. Il a été député FN, national puis européen, de 1986 à 2004. Quand Jean-Marie Le Pen a décidé qu’il ne devait pas se représenter, il ne l’a pas accepté. Jean-Claude Martinez a récupéré tous les gens qu’on avait mis dehors parce qu’ils étaient trop extrémistes. Il a monté une liste pour faire une liste, mais il ne dépassera pas les 1%.

Sur votre programme, vous présentez l’emploi comme une priorité. Quelles sont vos propositions pour faire baisser le chômage dans la Région ?

La loi Notre a un avantage : concentrer la puissance de feu sur l’économie. On va pouvoir mobiliser les ressources financières au service des entreprises et de l’emploi. Il faut notamment aider les petites entités, les PME, qui représentent beaucoup d’emplois dans notre région et qui ont paradoxalement le plus de difficultés à embaucher. Au niveau des marchés publics, il existe des critères environnementaux et sociaux qui permettent de ne pas mettre en concurrence les entreprises locales et européennes. Il s’agit de patriotisme économique. On peut également l’appliquer dans l’agriculture en mettant en place des circuits courts qui favorisent la production locale. En ce qui concerne la formation professionnelle, il faut mettre en place un guichet unique pour simplifier et rationaliser tous les organismes existants.

Vous comptez également appliquer ce « protectionnisme régional » en réorientant les subventions accordées aux associations…

Les associations comme SOS racisme ou la Licra, sont hors compétence de la Région ! Elles n’ont qu’à vivre de leurs adhérents. Avec la fin de la clause de compétence générale, le PS ne pourra plus arroser ces ‘‘associations amies’’ comme il le faisait auparavant… Il va falloir se recentrer sur l’économie, l’emploi, les transports, les lycées et sur les associations qui fonctionnent c’est-à-dire dans le domaine culturel.

CV express

Né le 4 septembre 1969

À Toulouse

Profession : Avocat

Militant du FN depuis : 1989

Fonctions politiques : Conseiller municipal de Perpignan et député européen

Signe distinctif : « J’incarne une politique nouvelle »



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