[Interview XXL] Gérard Onesta : « Nous ne serons pas le radeau de secours de la gauche sociale-libérale »

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IDEALISTE. Gérard Onesta est candidat aux régionales, à la tête de la liste ‘‘Nouveau monde’’, qui rassemble les Verts, les communistes, le Parti de Gauche, la Nouvelle gauche socialiste, le Parti occitan, et le mouvement Ensemble ! (membre du FDG). Il se veut le représentant d’un nouveau logiciel politique basé sur les citoyens. A ses risques et périls ?

Le dernier sondage sur les élections régionales, paru dans le groupe La Dépêche, vous attribue 11% des voix contre 16% il y a un mois. Une mauvaise nouvelle ?

Ce sondage a été publié par le groupe La Dépêche et il fragmente de manière artificielle plusieurs listes qui représentent notre électorat. On sait que ces listes n’iront pas jusqu’au bout, alors pourquoi les mentionner dans ce sondage ? Je laisse courir le débat… Je suis prêt à débattre de tous les sujets de manière transparente, mais je ne veux pas de coups tordus. Mon analyse est que nous avons toujours le même potentiel électoral,  à savoir 16 à 17%, que le PS poursuit sa lente érosion alors que la droite et l’extrême droite se maintiennent.

A quelles listes faites-vous référence ?

Je pense aux listes de Christophe Cavard (député du Gard, ex EELV) et de Nouvelle Donne. Ils sont loin d’avoir le demi-million nécessaire pour éditer les professions de foi et les bulletins de vote. Faire croire le contraire, c’est pervertir le jeu démocratique. Il n’y a pas d’émiettement des partis de gauche, nous avons su mener le rassemblement. Aux dernières régionales, il y avait cinq listes issues de la gauche non socialiste sur les deux régions. Elles ne font qu’une aujourd’hui, donc nous ne sommes pas source de dispersion !

Le PS a organisé son référendum la semaine dernière sur l’union de la gauche aux régionales, que pensez-vous de cette initiative ?

Le Parti socialiste est en mode panique. Quand il n’arrive pas à diviser ses partenaires potentiels, il organise un référendum 10 jours avant le dépôt des listes… N’importe qui pouvait voter, les 250 000 votants représentent en fait le nombre de militants PS multiplié par 2. Chaque militant a fait participer son mari ou sa femme. Le taux de non-participation atteint les 99,9%, cela nous conforte dans notre démarche.

« Le risque de la démocratie, c’est que le peuple décide »

Est-ce que le grand rassemblement que vous représentez, des communistes aux écologistes, tiendra jusqu’au 2nd  tour, moment où vous devrez potentiellement vous prononcer sur le ralliement à Carole Delga ?

Notre position est très claire. A 46 jours du premier tour, nous refusons de dire que nous jouerons les supplétifs du PS. Ce serait une négation de tout ce qu’on a construit jusqu’ici. Nous n’avons pas fait tout ça pour monnayer quelques places au 2nd tour. Notre rassemblement est pluriel et tout le monde sera écouté. Les discussions vont être complexes, et Mme Delga, ancienne ministre du gouvernement Valls, a du souci à se faire. Elle assume parfaitement la ligne sociale-libérale Valls/Macron et nous ne serons pas le radeau de secours de cette gauche-là.

Votre liste s’appelle « Nouveau monde », est-ce que ce n’est pas très ambitieux pour une élection régionale ?

Nous nous présentons sur un grand territoire, où le nombre d’habitants dépasse celui du Danemark, avec un vrai potentiel de richesses. La future région va peser très lourd. C’est maintenant qu’il faut lancer un scénario méga watt. Changer le monde est l’expression qui revenait le plus souvent lors de nos échanges. Nous devons être ambitieux et nous lançons ce défi à tous nos adversaires.

Sur le fond, quelles sont les grandes priorités de votre programme ?

Nous avons trois grands axes. L’emploi est la première porte ouverte sur tous les autres sujets : le logement, la culture etc. Mais nous allons redéfinir l’emploi de manière à ce qu’il soit non-délocalisable, socialement utile, environnemental, et non précaire. Grâce à cela, nous pouvons présenter tout un projet écolo-compatible, sans avoir besoin de parler de petites fleurs et de biodiversité. Le deuxième axe est l’égalité des territoires. Il faut que les deux métropoles rayonnent sans absorber le reste du territoire. Pour cela, je souhaite créer un conseil des territoires dans chaque bassin de vie. Il serait composé d’élus locaux et se prononcerait sur les textes fondamentaux de la politique régionale : le schéma économique, le schéma de l’aménagement des territoires et le budget. Dernier point, la démocratie. Tous nos candidats vont signer une charte éthique, qui en 43 articles, réinvente  le monde. Nous allons jusqu’à promettre notre destitution si les citoyens estiment que nous ne remplissons pas notre mission !

Vous souhaitez notamment mettre en place des ‘‘consultations populaires’’, n’est-ce pas risqué à plusieurs égards : risque logistique, risque que les citoyens s’expriment davantage pour ou contre la majorité en place, risque de voir émerger un avis contraire à vos principes ?

Si nous voulons être irréprochables – et éviter le côté gag- il faudra inventer un système pour que les citoyens puissent participer sans risques de fraude. Sur les réponses, les gens votent pour ou contre un dirigeant lors des référendums nationaux, on ne verra pas ça au niveau local où ils auront à se prononcer sur des choses très concrètes. Et si jamais les résultats de ces consultations sont contraires à nos idées ? Le risque de la démocratie, c’est que le peuple décide. C’est un risque que je vis bien.

CV express :

Né le 5 août 1960

A Albi

Profession : Architecte

Militant écologiste depuis le 16 mars 1986

Fonction politique : Conseiller régional EELV

Signe distinctif : musicien



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