[Interview XXL] Carole Delga : « Il n’y a rien de pire que les promesses non tenues en politique »

©Philippe Groller
©Philippe Groller

 

CONQUERANTE. Candidate socialiste aux prochaines élections régionales, Carole Delga est entrée en campagne très tôt. Les premiers mois n’ont pas été exempts de polémiques et le rassemblement de la gauche au premier tour s’avère compliqué, mais la candidate ne se démonte pas. A la conquête des territoires, de la population, mais aussi d’éventuels partenaires, il lui reste deux mois pour convaincre.

 

Vous allez bientôt révéler votre liste, où en êtes-vous des négociations avec les autres formations de gauche ? L’accord avec le PRG est-il finalisé ?

Nous sommes dans la dernière ligne droite avec le PRG. D’ici quelques jours, nous devrions être en mesure de présenter l’ensemble des candidats radicaux sur la liste. Depuis le départ, nous sommes d’accord sur le nombre de places, il restait à définir la répartition par département et le positionnement des candidats sur les listes. Nous sommes également en discussion avec d’autres partis de gauche, mais je ne peux pas vous révéler lesquels pour l’instant.

 

Que pensez-vous du référendum organisé par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, sur l’union de la gauche aux régionales ? Un coup de com ?

C’est un signal fort d’appel à la responsabilité dans le cadre des régionales. Je suis pour toutes les initiatives qui favorisent le rassemblement car il ne faut pas sous-estimer la droite et l’extrême droite. L’appel à l’union a déjà produit des effets chez certains de nos partenaires, qui sont de plus en plus enclins au rassemblement. Il y a une évolution favorable en ce sens.

 

Le premier axe programmatique que vous avez révélé concerne la ruralité. Pourquoi ce choix ?

Il y a une inquiétude dans les territoires ruraux, un sentiment que cette nouvelle grande région pourrait s’éloigner de leurs préoccupations. Avec ce grand rassemblement en Lozère, je voulais démontrer que nous resterons attentifs à ces territoires, avec une volonté de créer une interconnexion entre le rural et l’urbain.

 

Quelles seront vos autres priorités ?

Dans le domaine des transports, j’ai proposé un ticket unique pour le train, le bus, le tram, le métro, afin de faciliter les déplacements pour tout le monde y compris dans le rural. Ma priorité est de relier les gens afin de créer une dynamique entre les territoires au niveau économique et culturel notamment. Cela va favoriser l’emploi.

 

« La Région doit être volontariste pour créer de l’emploi »

 

Vous parlez de l’emploi, quelle politique comptez-vous menez en la matière ?

La Région doit être volontariste pour créer de l’emploi sur tout le territoire, en proposant plusieurs actions complémentaires : donner des aides à l’investissement pour les entreprises, améliorer les liaisons routières et ferroviaires, proposer un accompagnement adapté, lorsqu’une entreprise change d’échelle par exemple. Le tout sur un mode de fonctionnement partenarial avec les réseaux consulaires et les fédérations sectorielles. La Région doit être active sur le plan international pour valoriser ses savoir-faire d’excellence : l’aéronautique, le secteur viticole et le tourisme. Ce qui permettra de développer les marchés de nos entreprises.

 

Dominique Reynié a commencé à révéler son programme avec la sécurité comme premier thème, qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est malhonnête de faire croire qu’on peut créer un service de police régional. C’est méconnaitre le fonctionnement de nos collectivités car ce n’est pas une compétence régionale. Nous devons être attentifs à la sécurité dans les transports et dans les établissements scolaires, mais on ne va pas mettre en place un service de sécurité. Si son objectif est d’aller chercher l’électorat du FN, il se trompe car il n’y a rien de pire que les promesses non tenues en politique.

 

Sur votre site, vous intégrez une fonction ‘‘participative’’ afin que les gens puissent faire des propositions. Est-ce que vous cédez à la tendance citoyenne ?

La Région va compter 13 départements, il va falloir créer tous les liens possibles avec les citoyens. Associer le citoyen à la politique a toujours été ma façon de faire, c’est ma motivation et la force de mon engagement politique. Mais cela ne doit pas seulement passer par le site internet, qui n’est qu’un outil parmi d’autres. Il faut surtout aller à la rencontre des gens, avoir les deux pieds ancrés dans le territoire et la tête tournée vers l’avenir.

 

Que pensez-vous de la multiplicité des listes dites citoyennes à ces élections régionales ?

Le terme citoyen est un alibi utilisé pour justifier des démarches personnelles et individuelles… Il permet à certains candidats de se démarquer car ils n’ont pas pu intégrer d’autres listes. Pourtant toutes ces personnes ont été dans des partis pendant très longtemps et ils s’en sont servis.

 

« Le terme citoyen est un alibi pour justifier des démarches personnelles »

 

Avec laquelle des candidatures de gauche vous sentez-vous la plus proche en vue d’un rassemblement au second tour ?

Avec nos partenaires actuels, que sont les Verts et les communistes. Nous avons de nombreux points communs, que ce soit sur les transports, sur l’accès à la santé pour tous, et sur l’environnement. En ce qui concerne Philippe Saurel, je ne connais toujours pas son programme. Et puis, il vient d’intégrer des personnes de droite sur sa liste donc ça va être compliqué de discuter avec lui.

 

En début de campagne, vous aviez évoqué l’idée d’implanter le Conseil régional à Montpellier pour les assemblées plénières. Il semble que cela soit difficile techniquement, et Martin Malvy a déjà enclenché une étude pour réhabiliter celui de Toulouse. Est-ce que vous allez devoir renoncer à votre proposition ?

Je n’ai qu’une parole en politique ! Je proposerai donc que les assemblées délibérantes se tiennent à Montpellier, quitte à envisager d’autres solutions que l’agrandissement du Conseil régional existant. Montpellier dispose de nombreux équipements. L’étude commandée par Martin Malvy concerne l’agencement intérieur, et non un agrandissement du bâtiment.

 

Le poste de président délégué de Région a suscité une longue polémique. Personnellement, estimez-vous que cette fonction ait une réelle utilité ?

Oui, car il va faciliter la convergence des politiques entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Ce travail d’harmonisation sera utile et efficace. Quand deux entreprises fusionnent, il y a toujours un temps de transition.

 

 

CV express :

Née le : 19 août 1971
A : Toulouse
Profession : fonctionnaire territoriale
Au PS depuis : 2004
Fonction politique actuelle : Députée de la 8eme circonscription de la Haute-Garonne
Signe distinctif : Porte toujours un couteau sur elle.



UN COMMENTAIRE SUR [Interview XXL] Carole Delga : « Il n’y a rien de pire que les promesses non tenues en politique »

  1. santo dit :

    Justement ! #Région #LRMP, et d’ailleurs. #Régionales2015: Promesses intenables , votes incertains… http://contre-regard.com/chronique-de-la-region-lrmp-et-dailleurs-regionales2015-des-promesses-intenables-pour-des-votes-sans-doute-

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