[INTERVIEW] Jean-Jacques Bolzan : « Nous avons redonné confiance »

Bolzan

Centriste. Le président régional du Parti Radical est un des adjoints « clés » du système Moudenc. En charge, notamment, de la démocratie locale et du commerce, il souhaite faire de notre centre-ville une vitrine régionale, et ne se prive jamais de tacler l’ancienne équipe municipale. Il ne cache plus vraiment non plus son envie d’impulser une nouvelle dynamique du côté de l’UDI 31.

L’ancienne municipalité avait engagé une vaste opération de réaménagement du centre-ville avec beaucoup de travaux. À votre arrivée, en avril dernier, quelle était donc l’humeur des commerçants toulousains ?

Ils étaient forcément inquiets, mais ce n’était pas une nouveauté pour moi. Depuis notre défaite de 2008, je n’avais jamais cessé d’aller à leur rencontre… Les commerçants étaient aux abois et sous l’ère Cohen, ils ont déploré qu’il y ait eu beaucoup de réunions mais au final peu de décisions. Dans le centre-ville, les commerces indépendants, moins les franchisés, ont énormément souffert des travaux et de l’accessibilité via les transports en commun. Aujourd’hui, mon collègue Jean-Michel Lattes (adjoint aux déplacements et président de Tisséo) a pris le dossier à bras-le-corps, et travaille à revoir l’accessibilité au cœur de ville par tous les moyens, y compris par la voiture… Nous devons redonner l’envie aux gens de l’extérieur de venir dans ce cœur de ville, qui reste le plus grand centre commercial de Midi-Pyrénées.

N’avez-vous pas la crainte d’être accusés de favoriser le tout-voiture ?

L’opposition caricature souvent notre objectif en la matière. Il ne s’agit pas du tout-voiture, mais simplement d’accepter le fait que la voiture puisse avoir sa place en ville, comme tous les autres types de transports. Par ailleurs, notre but est de ne pas se cantonner à ne satisfaire que les Toulousains intra-muros ; il s’agit également de faire venir à nous des gens de toute la région, et par exemple, les Albigeoisne vont forcément pas venir en métro…

Êtes-vous favorable à la piétonisation ?

La piétonisation est une bonne chose. Elle embellit le cœur de ville et a indiscutablement amené un flux de piétons important ; chacun peut le constater.

L’avenir du parking/marché Victor-Hugo est-il tranché ?

Absolument pas, tout est encore en réflexion. Et il n’y aucune animosité avec les différents acteurs de ce dossier, car chacun comprend qu’il y a un élément déclencheur à l’ouverture de ce dossier qui est la fin de la concession du parking en 2016. Nous sommes en phase les uns avec les autres. Les commerçants nous ont même demandé des délais afin de se réunir entre eux en amont. Nous avons trouvé cela logique, et nous allons les revoir afin d’écouter leurs propositions. Nous trancherons de manière objective. La concertation est totale, et la feuille est blanche.

Parlons désormais de démocratie locale… La mise en place des maires de quartiers, n’est-ce pas là la décision majeure des premiers mois de la mandature Moudenc ?

C’est en tout cas un changement radical avec la philosophie de l’ancienne majorité. L’organisation Cohen était floue en la matière ; aujourd’hui, l’élu référent est clairement identifié par les Toulousains. Le retour des maires de quartiers a été très bien perçu par beaucoup d’habitants, et surtout par le secteur associatif dont on sait qu’il n’est pourtant pas nécessairement en phase avec nous politiquement. En six mois, il y a déjà une relation de proximité qui s’est instaurée avec les élus.

« PS : Cohen n’a plus le leadership »

Quel est votre premier bilan de ces six premiers mois au Capitole ?

On a remis Toulouse en marche ! Nous avons été dans le concret dès le départ : les maires de quartiers, le renforcement des forces policières en centre-ville ou bien l’ouverture prochaine du métro jusqu’à 3 heures du matin le week-end. Jean-Luc Moudenc a impulsé une nouvelle dynamique.

Et quel regard portez-vous sur l’opposition municipale ?

Elle est divisée en quatre groupes sans réel patron. À mon avis, Pierre Cohen n’a plus le leadership… On entend d’ailleurs plus Antoine Maurice (EELV, ndlr), voire Pierre Lacaze (Front de gauche, ndlr), en conseil municipal que les socialistes. Quant à François Briançon il est éteint.

Votre formation politique, l’UDI, est en pleine campagne interne pour désigner le successeur de Jean-Louis Borloo. Vous avez fait le choix de Jean-Christophe Lagarde…

Je connais Jean-Christophe et je sais qu’il a la personnalité la plus à même de fédérer toutes les entités qui forment l’UDI. La finalité est que nous soyons l’alternative en 2017 en cessant d’être un parti de notables.

Et l’UDI en Haute-Garonne, peut-elle mieux faire ?

Pour que localement l’UDI puisse être audible, encore faudrait-il que nous ayons des responsables audibles ! Dans tous les partis, il faut une gestion des ressources humaines ; ici, on ne l’a pas ! L’urgence est donc la structuration de notre fédération qui a besoin d’un électrochoc.

Envisagez-vous de briguer à terme la présidence départementale de l’UDI ? C’est ce qu’on entend…

Vous savez, ce qu’on dit n’est pas toujours vrai (sourire)… Pour le moment, je m’applique à être fédérateur pour faire gagner Jean-Christophe Lagarde nationalement.

 

 

CV Express

Né le 21 août 1959

Fonctions : adjoint au maire en charge de la démocratie locale et citoyenneté, du commerce et de l’artisanat ; élu de Toulouse Métropole ; président national de la Fédération des marchés de gros ; président régional du Parti Radical (UDI).



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