Il remet l’UMP à sa place Jean-Luc Lagleize ; «Il s’agit là d’une usurpation d’identité !»

Jean-Luc Lagleize
Jean-Luc Lagleize

Jean-Luc Lagleize, élu à la Mairie de Toulouse et à la communauté urbaine, président départemental du MoDem, fait le point sur la campagne de François Bayrou, sur le retour au premier plan de Philippe Douste-Blazy et sur ses ambitions personnelles. Il est également en colère. Il n’accepte pas la campagne menée par les candidats UMP en vue des prochaines élections législatives. Explication de texte.

Votre leader François Bayrou «stagne» dans les sondages. Pourquoi ?

Il n’y a pas le «décollage» attendu car le jeu médiatique orchestré autour des deux principaux candidats «vole» le premier tour aux électeurs. Il y a essentiellement une campagne de deuxième tour qui est en train de se faire, avec des petites phrases et des invectives. Le débat est complètement faussé, on ne veut pas parler des vrais sujets. On ne veut pas parler de la dette, de l’emploi ou du pouvoir d’achat. On préfère parler des riches et de la viande hallal, bref, de sujets qui n’intéressent au fond personne. Et puis il y a le cinquième homme… qui est devenu le troisième, Jean-Luc Mélenchon. Il a le verbe haut, il renverse les tables, n’apporte pas grand-chose au débat, mais il apparaît peut-être plus velléitaire à gauche que François Hollande.

Le «décollage» de la campagne de votre candidat va-t-il enfin avoir lieu ?

Il le faut car les Français, dans toutes les enquêtes d’opinions, placent François Bayrou comme l’homme politique le plus populaire, et comme le candidat au programme le plus crédible. Il a besoin que d’autres Philippe Douste-Blazy se lèvent pour contrer la droitisation affichée de l’UMP.

C’est le retour au premier plan de Philippe Douste-Blazy ?

Philippe est clairement engagé aux côtés de François Bayrou, en disant «Je me suis trompé quand j’ai créé l’UMP. Le centre doit être indépendant.» A mon avis, il va avec François Bayrou et d’autres, vous verrez, travailler à la reconstruction du Centre. C’est un retour politique au niveau national.

Parlons local, et des élections législatives plus particulièrement. Vous paraissez en colère contre la campagne telle qu’elle est menée aujourd’hui par la plupart des candidats UMP en Haute-Garonne ?

Quand on est UMP aujourd’hui dans notre département, il est de bon ton, surtout si l’on souhaite faire un bon score, de «gommer» le logo du parti et de se proclamer du centre. Ils veulent «ratisser» large, aller là où il y a des voix, et nous savons très bien que la Haute-Garonne reste une terre favorable au vote centriste. Sur certains documents de campagne émanant de l’UMP, on peut même lire «candidat de l’union du centre». Il s’agit là d’une usurpation d’identité ! Le centre n’a pas encore donné d’investitures aujourd’hui. Je souhaite donc remettre les points sur les i.

«Lagleize-Massat ou Massat-Lagleize ?»

Quel est votre calendrier pour vos investitures ?

Ne nous trompons pas de «timing». Nous sommes maintenant dans le temps de l’élection présidentielle, et ensuite seulement, nous entrerons concrètement dans l’échéance législative. Les investitures de la «Maison commune du Centre» (MoDem et Alliance centriste sur un plan national, rapprochement également avec le Parti Radical et le Nouveau Centre en local) seront dévoilées à l’issue du premier tour de la Présidentielle. Aujourd’hui, il y a des postulants centristes sur toutes les circonscriptions, et nous choisirons le moment venu les meilleurs d’entre eux. Je vais me battre pour qu’il n’y ait qu’un candidat centriste par circonscription. Et ils ne seront pas issus de l’UMP, qu’on se le dise !

On vous dit intéressé par la troisième circonscription, et en discussion avec Laurence Massat, elle investie par le Parti Radical. Vous confirmez ?

J’ai des discussions en tant que Président départemental du MoDem, avec tous les prétendants et sur toutes les circonscriptions. J’échange donc autant avec Laurence Massat qu’avec les autres… Nous allons essayer de mettre en place le meilleur ticket possible. Il pourrait donc y avoir pourquoi pas un ticket Lagleize-Massat ou Massat-Lagleize. Tout est ouvert, mais ce n’est pas le sujet du jour.

Vous pourriez donc être candidat ?

Je suis candidat à la candidature…

 Propos recueillis

par Thomas Simonian

Une permanence pour Bayrou et les législatives

«La Maison commune du Centre» s’offre une permanence au 45 rue de Metz, qui devrait être inaugurée prochainement par Jean Lassalle ou Philippe Folliot. Son objectif étant d’être la vitrine toulousaine de la campagne de François Bayrou. Elle deviendra ensuite le QG des candidats centristes aux élections législatives. C’est Philippe Douste-Blazy qui lancera médiatiquement cette campagne.



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