Il pourrait être la surprise de ces législatives ; Régis Godec «Mon ambition est d’aller en finale !»

Régis Godec
Régis Godec

Cet adjoint de Pierre Cohen chargé des éco-quartiers ne cache plus vraiment son jeu, et commence à «affoler» les appareils toulousains. L’UMP comme le PS. En effet, le contexte de la quatrième circonscription ressemble étrangement à ce que certains ont pu connaître à Colomiers lors des dernières élections cantonales, avec l’élection surprise d’un certain Patrick Jimena. Alors même s’il s’en défend, Régis Godec semble avoir pris la socialiste sortante Martine Martinel pour cible, et se prépare à un possible second tour en ayant mis l’UMP à genoux. Si tel était le cas, le tout politique toulousain en serait «secoué». Pas Régis Godec.

Peut-on définitivement dire que l’élection présidentielle n’est pas celle des «Verts» ?

Oui, c’est la Ve république qui veut ça. C’est une élection ultra personnalisée, avec un premier tour qui se polarise sur la construction du second. Cette logique ne nous est clairement pas favorable. Ceci dit, la présence d’Eva Joly dans ce scrutin a tout de même permis de faire émerger un certain nombre d’idées, notamment sur la question énergétique. Mais maintenant nous sommes tournés vers l’objectif législatif et la donne va être différente.

Hors l’élection présidentielle, votre parti a d’ailleurs toujours «scoré» à Toulouse…

22% aux européennes, 18% aux régionales et 17% aux cantonales… Des scores qui montrent que nous pouvons faire la différence aux législatives, et notamment sur la quatrième circonscription.

«Il n’y a aucune obligation à voter pour la rose»

Celle où vous menez le combat ?

Oui car sur celle-là l’argument du vote utile ne tient pas. C’est la circonscription de Haute-Garonne qui a donné le plus de voix à François Hollande (64%), et nous savons donc déjà que nous y aurons un député de gauche.

La question est donc lequel ?

Oui quel député doit-il être élu ? Quelle gauche souhaitons-nous mettre en avant ? Quelle nouvelle donne voulons-nous créer ? Quelle attitude politique voulons-nous choisir ? Autant de questions qui vont permettre aux électeurs de choisir à gauche… Il n’y aucune obligation à voter pour la rose, il y a d’autres opportunités à gauche.

Cela veut-il donc dire que votre adversaire est Martine Martinel (PS sortante), et non Bertrand Serp (UMP) ?

Non, l’adversaire est bien Bertrand Serp. L’adversaire est bien la droite et l’extrême droite. Sur le projet et les valeurs, je sais très bien où est mon camp. Je sais qui porte les idées qui sont antagonistes aux nôtres… Mon objectif est bien que l’UMP ne soit pas élue, mais l’analyse politique sur cette circonscription fait que nous savons qu’elle ne pourra jamais l’emporter. Donc j’invite tous les électeurs qui souhaitent de la diversité politique à faire en sorte que la finale du 17 juin m’oppose au PS.

Mais quelle est votre différence fondamentale avec Martine Martinel ?

Nous ne mettons pas le curseur au même endroit. Ma priorité est le logement, avec avant tout la réhabilitation du logement ancien, ce que je n’entends pas chez Madame Martinel. Nous sommes sur la circonscription où nous avons le plus d’habitats dégradés, y compris dans le centre-ville toulousain. Nous devons lutter contre cet habitat indigne ! Par ailleurs, nous devons continuer à augmenter le nombre de logements sociaux. Je m’engage également à tenir des réunions publiques pour rendre compte de mon activité parlementaire, et ce sur les trois cantons de la circonscription. Cela paraît simple, mais ce sont des choses qui ne sont pas faites aujourd’hui. Alors quand on mettra le bulletin Godec dans l’urne, on sait à quoi on pourra s’attendre. Ce n’est pas le cas de tout le monde !

La droite se «déchire» sur votre circonscription avec la dissidence médiatique de Stéphane Diebold à l’UMP, et avec trois candidatures venues du centre. Un bon présage pour vous ?

Je n’y suis pour rien ! (rires) Mais je constate. C’est bien évidemment un contexte sur un territoire où Nicolas Sarkozy a réalisé 22% au premier tour, et où quatre de ces candidats avaient appelé à voter pour lui. S’ils se partagent ce gâteau, nous pouvons être au second tour. C’est bien entendu la configuration que je souhaite pour permettre à l’électeur de choisir un nouveau visage à gauche. Mon ambition est d’aller en finale ! Je suis engagé dans deux campagnes. L’une s’arrête le 10 juin, l’autre commence le 11.

Il se dit de plus en plus que le PS s’inquièterait de votre possible score. Vous confirmez ?

J’ai les mêmes retours. Notre campagne inquiète mais il faut que certains puissent reconnaître qu’une ville comme Toulouse a besoin de diversité dans son offre politique. Il ne faut pas s’en inquiéter ! Il en va de la qualité du débat démocratique. J’invite le PS à rester serein, les électeurs ont droit à un vrai débat y compris à gauche, et ils feront leur choix…

 

Propos recueillis par Thomas Simonian

 



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