Il est venu soutenir Dominique Faure ; Alain Lamassoure «La crise rend nécessaire la cohabitation»

Alain Lamassoure et Dominique Faure

Le député européen UMP (président de la commission des budgets), venu pour soutenir Dominique Faure (candidate sur la 10e circonscription), est passé par la rédaction de votre hebdo à sa descente d’avion pour un entretien lucide et engagé.

Quel est l’enjeu de cette campagne ? Militez-vous pour une cohabitation ?

Dès le 7 mai dernier, en bureau politique de l’UMP, j’avais donné mon point de vue sur la stratégie à avoir. Oui, nous devons défendre l’idée d’une cohabitation. Selon un sondage publié dans «Le Monde» 59 % de ceux qui ont voté pour François Hollande, ont voté plutôt contre Nicolas Sarkozy, et 74% ne croient pas au programme socialiste. Ces chiffres révèlent une envie de cohabitation, mais il faudrait pour répondre à cette aspiration que l’UMP se dote d’un chef de guerre clairement identifié… Ce qui n’est pas tout à fait le cas aujourd’hui. Nous devrions être capables de présenter aux Français notre candidat pour Matignon.

Pour être clair, votre parti devrait-il «porter» Jean-François Copé à Matignon ?

Je ne prends surtout pas partie dans la guerre des chefs actuelle. Je dis «Choisissez qui vous voulez mais choisissez». Il faut que nos candidats sur le terrain puissent démontrer aux électeurs, que nous sommes prêts à gouverner, pas seulement avec un programme, mais aussi avec un candidat pour cohabiter avec le président Hollande.

Mais cette cohabitation répondrait-elle à une logique institutionnelle ?

Complètement, car elle est rendue possible par la Ve République. Nous avons connu une telle situation à trois reprises, tantôt avec un président de gauche tantôt avec un président de droite, et cela s’est bien déroulé à chaque fois…

Mais nous sommes là dans une période de forte crise. Une cohabitation ne fragiliserait-elle pas notre pays ?

La crise rend encore plus nécessaire la cohabitation. Les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui connaissent un accord fondamental sur les grands choix entre la droite et la gauche. C’est notamment le cas en Allemagne.

Comment expliquez-vous que nous connaissions davantage nos députés nationaux que nos députés européens ?

La jalousie des députés nationaux contribue à la sous-estimation du rôle du parlement européen. Au lieu de désigner nos députés européens comme les nationaux avec des circonscriptions de proximité, on a préféré le scrutin de liste avec de très, très grandes régions pour être certain que personne ne puisse connaître son député européen…

Vous êtes aujourd’hui à Toulouse pour soutenir la candidature de Dominique Faure. Pour quelles raisons ?

Vous êtes dans un département ou tous les pouvoirs sont aux mains d’un seul parti, et cette situation ne peut plus perdurer. Elle n’est même pas saine d’un simple point de vue démocratique. C’est pour cela que les électeurs, et notamment ceux de la 10e circonscription, doivent faire confiance à Dominique. Voici un nouveau visage en politique. Voici une femme qui a réussi une carrière sportive puis une carrière professionnelle riche, tout en ayant une vie familiale épanouie. Elle s’engage aujourd’hui, avec le soutien de solides mentors, pour faire «bouger les lignes»… Je soutiens avant tout les candidats auxquels je crois. Dominique Faure en fait partie.

Propos recueillis par Thomas Simonian avec Claire Manaud



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.