Ici Londres !

Alors que le Président Hollande arpente plus que jamais la République de la Province en sautant d’un événement culturel à l’autre (des « Tonnerres de Brest » à Jazz in Marciac), tout en tentant de donner une tournure et un ton moins polémique aux problèmes que pose PSA (le ton Aynault est plus compatible à l’esquisse de solution que le ton Montebourg), la gauche de gouvernement est d’autant plus dans une impasse que, comme le souligne Jean PEYRELEVADE « la gauche démagogique, celle qui séduit les électeurs à coups de promesses, a pris en otage la gauche de responsabilité » et de poser la question : « Le Président pourra-t-il se dégager du discours imprécis, confus, laxiste du candidat et relever deux défis incontournables : 1) remettre l’économie française sur pied, 2) sauver la zone euro de l’éclatement. La rigueur-même si elle n’entre pas, pour le moment, dans la sémantique de nos gouvernements, est incontournable. Nous y sommes condamnés. « Il est vain », souligne PEYRELEVADE, « d’opposer rigueur et croissance comme si on avait le choix entre l’une et l’autre ». C’est dans le climat à la fois détente (prochain départ des Aoûtiens, retour du ciel bleu et des chaleurs) et d’angoisse (42% des Français ne partent pas en vacances) que l’emprise olympique devient le dénominateur commun de nos concitoyens appelés à la célébration quotidienne du « Panem et circenses » (du pain et du Jeux).

Dans la foulée du premier triomphe d’un sujet de Sa Majesté sur le Tour de France, deux mois après le jubilé de la Reine, Londres a proposé une magnifique cérémonie d’ouverture en accueillant pour la troisième fois (1908, 1948, 2012) la flamme olympique. Juste retour pour la patrie du sport, lanceront les Britanniques, eux qui ont invité le football, le rugby, le tennis, l’aviron, le cricket et … les fléchettes. Caractéristiques de ces JO de Londres : toutes les nations y compris l’Arabie Saoudite ont présenté un athlète dans leur délégation ; entre 1908 et 2012, la proportion de femmes est passée de 1,8% à près de 45% (infirmant ainsi le Baron de Coubertin qui ne voulait « point de femelles ») ; augmentation de la proportion de journalistes (de quelques dizaines en 1908 à plus de 21 000 en 2012). Ce sont aussi les premiers vrais jeux Olympiques numériques (facture initiale en 2005 : 4,3 milliards d’euros, addition en 2012 : 14,8 milliards d’euros … de quoi faire travailler durablement 4 millions de personnes dans le monde!).

Après l’ère des utopies, de la nostalgie de l’antique, des grands principes gravés dans le marbre de la Charte Olympique (« Rapprochement entre les peuples et paix dans le monde), le deuxième âge est celui des dictatures (Berlin 1936) où l’Allemagne hitlérienne rafle trente-deux médailles d’or, le troisième âge de l’Olympisme (1945-1984) verra s’affirmer le caractère géopolitique des Jeux sur fond de guerre froide États-Unis/URSS, de prise d’otages à Munich (1972), de boycottage partiel des Jeux de Montréal (1976), de Moscou en 1980 ; avec le quatrième âge (1988-2008), la mondialisation est synonyme d’universalisation des Jeux pour quatre milliards de téléspectateurs avec des vainqueurs bien connus : NBC, Adidas, Reebok et Nike, McDonald, Coca. Et si, tristement, Londres annonçait « l’ère de la criminalité internationale organisée » selon J. SOPPELSA et leur curieuse escorte (corruption, compétitions truquées, paris clandestins, pratiques dopantes). Un espoir : que l’âme de Pierre de Coubertin vienne sauver l’olympique !

 

Stéphane Baumont



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