Guillaume Ribat et Anne-Sophie Azzopardi « Beaucoup de jeunes nous parlent de l’insécurité »

Il y a eu du remue-ménage ces dernières semaines au sein des « Jeunes Populaires 31 » (UMP). Exit l’ancien responsable Guillaume Brouquières (fortement contesté en interne, y compris chez les aînés), place désormais à un binôme formé de Guillaume Ribat et d’Anne-Sophie Azzopardi. L’un est un jeune actif, l’autre une étudiante de Sciences-Po : « Nous sommes complémentaires », nous confient-ils. Rencontre avec de nouveaux venus en politique, qui n’hésitent pas à attaquer le bilan Cohen… La timidité est déjà rangée au placard pour ces jeunes loups en campagne auprès du candidat Moudenc.

N’est-ce pas compliqué de prendre les rênes d’un appareil politique à quelques mois d’une échéance importante comme celle des Municipales ?

Guillaume Ribat : Il est vrai que tout se précipite avec la mise en place de la campagne municipale. Nous sommes dans l’obligation d’être le plus rapidement possible opérationnels et efficaces. Alors c’est certes compliqué, mais terriblement motivant.

Anne-Sophie Azzopardi : Il faut dire que nous ne sommes pas lâchés par nos aînés, bien au contraire. Ils ne nous considèrent pas seulement comme des colleurs d’affiches, et nous impliquent pleinement dans la campagne. Avec Jean-Luc Moudenc (président de l’UMP 31, ndlr) et Laurence Arribagé (secrétaire départementale, ndlr), c’est un vrai travail d’équipe. La preuve : nous accompagnons les membres de la liste Moudenc dans le porte-à-porte qui est mené actuellement.

Les jeunes de l’UMP réagissent-ils à l’actualité nationale ?

GR : Comment ne pas observer la crise actuelle et l’impopularité de François Hollande ? Mais bizarrement, ce sont davantage les jeunes extérieurs au mouvement, surtout dans les universités, qui viennent nous en parler. Nos adhérents sont plutôt focalisés sur le local et l’échéance électorale à venir.

A Toulouse, que retenez-vous des années Cohen dans le cadre de la politique jeunesse ?

GR : Il y avait eu beaucoup de promesses en 2008, et notamment la gratuité des transports pour les jeunes. On attend encore ! Pour la jeunesse, finalement peu de choses ont été faites. Mais ce qui me surprend le plus, c’est qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes nous parlent de l’insécurité. Leur constat est qu’il est difficile de traverser les allées Jean Jaurès ou Saint-Georges après une certaine heure… Certains de mes amis ont peur. Pour y remédier rien n’a été fait, si ce n’est peut-être l’Office de la tranquillité. C’est insuffisant.

ASA : On entend également parler des tarifs de nuit des parkings du centre-ville. Cela n’incite pas vraiment à venir faire la fête en ville…

GR : C’est même difficile pour les jeunes d’avoir une vie sociale sur Toulouse. C’est vraiment très cher.

Pour la campagne municipale, avez-vous des relations avec les jeunes des autres partis qui suivent Jean-Luc Moudenc ?

GR : Nous sommes sur la même philosophie que notre tête de liste, qui souhaite intégrer d’autres partis et des personnalités de la société civile à notre démarche. Nous sommes donc en relation avec des jeunes du MoDem ou de l’UDI, mais également avec tous ceux qui veulent soutenir notre campagne municipale et qui n’ont pas souhaité avoir de carte politique. Nous ouvrons notre mouvement à tous ceux qui se reconnaissent en Jean-Luc Moudenc, et qui veulent vivre la campagne de l’intérieur.

Sur le prix des parkings : « Cela n’incite pas vraiment à venir faire la fête en ville… »

Comment présenteriez-vous le candidat Moudenc ?

ASA : C’est un homme de dossiers qui connaît très bien sa ville. Il la ressent. Il a l’avantage d’être un pur Toulousain.

GR : Il a une expérience dont la ville a besoin. Il a été adjoint, maire et député. Depuis 2008, il n’a jamais renoncé… Et il a gagné non seulement en envergure mais aussi dans sa manière d’être. Quand on remonte une rue avec lui, tout le monde vient l’arrêter.

Et le candidat Cohen ?

GR : Il y a peu de Toulousains qui le reconnaissent car il est resté l’homme de Ramonville. Il est d’ailleurs davantage le maire d’un parti que celui des Toulousains. Selon moi, il doit être inquiet car il ne sera pas porté par un élan national comme cela a été le cas en 2008…

L’UMP 31 est souvent raillée d’une supposée droitisation. Votre avis ?

ASA : Si parler de sécurité est associé à une quelconque droitisation pour nos adversaires, c’est bien triste, car c’est vraiment ce dont on nous parle sur le terrain.

GR : Dans ce cas-là le gouvernement actuel se droitise aussi puisque Manuel Valls défend la vidéosurveillance, notamment après l’affaire Abdelhakim Dekhar à Paris. C’est toujours facile de pointer du doigt comme ça !

Le FN vous fait peur ?

GR : Non car il ne fait qu’amplifier la pensée de beaucoup de Français sans y apporter les bonnes solutions.

ASA : On a vu le résultat des gestions frontistes dans certaines villes comme Toulon ou Vitrolles. Ce n’est pas probant.

GR : Du fait de la politique actuelle du gouvernement, il aura un rôle non négligeable sur ces Municipales. A nous de le contrer en parlant local, et d’éviter ainsi une triangulaire. Il ne faut pas en avoir peur.

ASA : A qui profite le crime ? A Pierre Cohen. Quand on explique aux gens que le FN serait qualifié au deuxième tour s’il faisait plus de 10%, ils comprennent bien le danger. Il faut éviter ce vote sanction FN aux municipales.

Propos recueillis par Thomas Simonian

 



UN COMMENTAIRE SUR Guillaume Ribat et Anne-Sophie Azzopardi « Beaucoup de jeunes nous parlent de l’insécurité »

  1. Mounette . dit :

    Ces jeunes ont la tète sur les épaules, Bravo à eux pour leur engagement !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.