Guillaume Cros « Nous n’allons pas fermer notre gueule ! »

Le groupe écologiste à la région se lance dans une série de réunions publiques dans tous les départements de Midi-Pyrénées. L’objectif : Dresser son propre bilan avec l’aide participative des citoyens. C’était l’occasion pour le JT de rencontrer celui dont on évoque souvent le nom pour une candidature sur Albi… Guillaume Cros, président du groupe EELV à la région, continue à protester contre le projet LGV, « je pense que ça ne se fera pas, parce que cela va coûter un argent fou ! Ce dossier a du plomb dans l’aile », et redoute une guerre de succession à l’hôtel de région. Un entretien qui rime avec langage de vérité.

Vous avez décidé, avec votre groupe politique à la région, d’aller à la rencontre de vos électeurs pour échanger sur votre bilan de mandature. Une méthode originale, dans quel but ?

C’est une méthode publique et participative. Cela faisait partie de nos engagements de campagne… Nous avions promis de faire une évaluation de notre action au plus près des citoyens, et allons donc aller dans tous les départements de Midi-Pyrénées pour rencontrer le plus de monde possible. Ce tour de la région ne sera pas seulement l’occasion d’un bilan, nous discuterons également des perspectives. Il s’agit déjà de réfléchir à la région que nous souhaitons pour 2020, date de la fin du mandat suivant. Pensons la région écolo rêvée pour le futur.

L’horizon 2020 est donc déjà dans vos esprits. Les écologistes de Midi-Pyrénées ne se donnent donc plus de limites ?

Nous croyons clairement à la force de nos messages, et pensons qu’il y a des urgences à régler. Nous allons continuer à dire que la transition écologique est la seule sortie possible pour répondre aux problématiques sociales et environnementales. Donc bien évidemment, nous n’avons pas de limites !

« Il reste beaucoup à faire… »

Quel regard portez-vous justement sur votre bilan ?

Il est globalement positif je pense. On a réussi à écologiser les politiques régionales, en sachant instaurer quand il le fallait, des rapports de force. Mais il reste beaucoup à faire…

Quels reproches faites-vous à l’exécutif régional ?

Il n’y a pas d’aberrations majeures dans ce qui est mis en place dans notre région, mais nous regrettons un manque d’envie d’aller plus loin dans une vraie politique environnementale. C’est pour cette raison que nous nous opposons à la LGV ou que nous encourageons le développement du co-voiturage.

Que vous reste-t-il à faire pour cette fin de mandat ?

Nous souhaitons par exemple mettre davantage de conditionnalités environnementales dans les aides apportées notamment aux entreprises. L’un des gros dossiers pour nous sera aussi le développement de l’agriculture biologique, au détriment, je le dis clairement, d’une agriculture productiviste. Il y a vraiment beaucoup de choses à mettre dans les tuyaux.

Certains, y compris au PS, contestent votre manière de faire de la politique. On vous considère souvent comme les « poils à gratter » de cette majorité régionale. Assumez-vous ce rôle-là ?

Complètement, mais nous ne sommes surtout pas que des « poils à gratter. » Nous ne serions pas là, un certain nombre de dossiers n’aurait jamais vu le jour. Il y a eu de vraies avancées grâce à l’action de notre groupe. Mais c’est vrai qu’il est de notre rôle de dire ce qui ne va pas ! Cela a été le cas sur la LGV, sur TLT etc. Ce n’est pas parce que nous faisons partie de la majorité que nous allons fermer notre gueule ! C’est une conception différente de la pratique politique, mais une conception d’avenir.

La nomination de Nicole Belloubet, que l’on annonçait comme successeur de Martin Malvy, au Conseil Constitutionnel change-t-elle quelque chose en interne ?

Nicole Belloubet a fait un énorme travail dans cette maison, et c’est une élue avec laquelle j’ai eu plaisir à travailler. Je ne dirais pas ça de tout le monde très clairement ! On sait qu’elle faisait partie des plus sérieux prétendants pour la suite, et je pense donc que cette nomination va sans doute libérer certains mâles. Des oppositions étaient feutrées pour le moment, elles vont devenir maintenant plus marquées. Mais notre groupe ne se mêlera pas de ces guerres et ne comptera pas les points. Nous allons simplement observer.

Comment qualifiez-vous votre relation actuelle avec Martin Malvy ?

Je la qualifie de cordiale. Nous faisons preuve de beaucoup de loyauté à son égard, et j’espère donc que la fin du mandat nous permettra de rester sur cette tonalité-là entre nous. Ce n’est pas de notre groupe que viendra l’affaiblissement de la majorité, même si je ne cache pas ici certaines tensions, mais il est indispensable que le respect perdure…

Propos recuellis par Thomas Simonian

 

 

 

 



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