[grand angle] Toulouse : la folie des grandeurs ?

jtoul-15-04-23 SYLFaux-semblant. Le sujet de la future grande Région ne réjouissait personne. Et si les rumeurs vont bon train quant au titre de capitale, entre Toulouse et Montpellier le cœur de la future grande Région ne balance plus vraiment. Explications.

A l’heure où nous bouclons cette édition le Conseil des ministres vient de rendre son verdict quant aux préfets préfigurateurs, mais pas que. En tout et pour tout, la Région Midi-Pyrénées compte trois nominations : Pascal Mailhos, actuel préfet de Midi-Pyrénées, a été nommé préfet préfigurateur de la future Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Il devra adapter les services de l’État au redécoupage régional avec Hélène Bernard, actuelle rectrice, qui devient “rectrice coordinatrice” et Monique Cavalier directrice de l’ARS (Agence Régionale de Santé), qui fait partie des 7 directeurs généraux préfigurés nommés. Si ces désignations ne déterminent en rien l’implantation des futurs services, la manière de faire apparait « tout à fait hypocrite » à certains. C’est notamment le cas de Jacques Thouroude, président du groupe d’opposition au Conseil Régional midi-pyrénéen. « On préserve clairement les susceptibilités de uns et des autres, tout ça ce n’est que de l’enrobage ! » Pour lui, la position géographique et le poids économique et démographique de la métropole toulousaine aurait déjà eu raison de son analogue du grand sud, même si « tout reste à faire car il ne s’agit pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Une réorganisation à repenser totalement à base de « délégations de pouvoirs et de répartitions des tâches car les élus devront courir 13 départements», termine-t-il.

« De belles opportunités pour la région toulousaine »

Côté méditerranée, la panique n’est pas de mise. Stephan Rossignol, maire de la Grande-Motte et candidat UMP à la candidature pour les régionales a reconnu qu’il était « normal que Toulouse soit la capitale de la future Région, en tant que 4ème ville de France. Mais il faut rassurer les habitants du Languedoc, à Montpellier les rumeurs les plus folles commencent à courir selon lesquelles on commencerait à faire les cartons pour tout déménager vers Toulouse… » Didier Codorniou, maire PRG de Gruissan et vice-président de région dit « faire confiance à mon président pour défendre Montpellier. Mais il faut sortir de cette rivalité Toulouse/Montpellier car le territoire ne se réduit pas à ces deux métropoles ! » S’il se refuse à penser que les dés sont jetés, il précise néanmoins que c’est un dossier « sensible, on ne peut rien imposer si rapidement, ils y a de l’humain derrière et les déplacements ne se feront pas brutalement, le temps jouera son rôle… » Un équilibre reste à trouver entre les deux villes mais une chose est sûre et beaucoup s’en réjouissent déjà : « Il y a là de belles opportunités pour la région toulousaine », avance Bernard Moreau président Midi-Pyrénées de l’Union Professionnelle artisanale. « Comment la 4ème ville de France pourrait-elle passer à la trappe ? » s’interroge-t-il tout en décrivant deux territoires « complémentaires avec une culture commune qui augure de l’avenir économique de la future région ». Le verdict officiel quant à la capitale ne sera connu qu’en 2016, d’ici là, une échéance de poids, les élections régionales de fin d’année, qui sont déjà bien amorcées, à l’image de Didier Codorniou qui espère « voir toutes les forces de gauche réunies pour que cette future grande Région garde son ancrage puissant à gauche. »

 



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