Gérard Onesta « Voulez-vous d’un maire qui fonctionne comme ça ? »

Le vice-président EELV de la région a répondu aux questions de Gérald Benarrous, Marc Sztulman (Radio Kol Aviv) et Thomas Simonian (Le Journal Toulousain) pour notre rendez-vous web tv « Le Grand Plateau ». Rencontre avec celui qui manie à merveille la critique claire envers le gouvernement et la provoc’ à peine voilée sur la politique municipale.

La politique nationale

L’écologie est-elle le monopole des Verts ?

En théorie non, car tout le monde est susceptible d’être un jour touché par l’intelligence collective… Mais dans les faits, j’ai malheureusement l’impression que nous sommes les seuls détenteurs de ce qu’est la vraie écologie.

Pour vous, il ne peut donc pas y avoir une écologie de droite ?

L’écologie de droite c’est comme de l’eau sèche ! Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, car la droite considère qu’il ne faut pas surtout pas réguler les choses… Que le plus puissant se sert et que le plus faible suit comme il peut derrière.

Le limogeage de la ministre de l’écologie Delphine Batho est-il un bon signal envoyé pourtant par un gouvernement de gauche ?

Nous avons réagi « vertement » à cette décision. Delphine Batho nous avait déçus pendant un an, par contre pendant douze heures nous l’avons trouvée à la hauteur… Pas de chance, au bout de douze heures, elle s’est faite débarquer !

 

Les dossiers régionaux

Pourquoi continuez-vous à vous opposer à la LGV (ligne à grande vitesse) Bordeaux-Toulouse ?

Nous sommes pour l’arrivée du TGV à Toulouse ! Tout de suite, là maintenant ! On nous aurait écoutés, cela ferait même une dizaine d’années que nous aurions des trains allant du Capitole à Paris… Mais oui, nuance de taille, pour nous le trajet ne doit pas se faire en trois heures, mais plutôt en trois heures et demie, en s’en tenant au réaménagement de l’existant. On fait croire aux gens que l’on finira par trouver de l’argent pour financer une ligne dans vingt ans, alors que nous en avons besoin tout de suite !

La Région vient de débloquer une aide de 1,5 million d’euros à TLT. Vous avez été très interrogatif sur ce dossier, en sollicitant notamment la création d’une commission sur l’avenir de l’audiovisuel en Midi-Pyrénées… Au fond êtes-vous pour ou contre TLT ?

Si nous avions été contre TLT, nous nous serions courageusement abstenus il y a un an quand la région a décidé de signer un COM (contrat d’objectifs et de moyens). Je fais même partie des gens qui ont plaidé pour l’urgence, considérant que le pluralisme en démocratie est important. Mais il faut convenir dans le même temps que TLT a techniquement, juridiquement et financièrement du mal à évoluer. Quand aujourd’hui on échange avec le nouveau PDG de la chaîne, Emmanuel Schwartzenberg, il annonce que la chaîne va sortir de ses murs pour aller au contact des citoyens toulousains. Chiche !

« Si je suis tête de liste, ce sera saignant entre Moudenc et moi ! »

Les Municipales

Votre projet de liste autonome aux municipales ne va-t-il pas à l’encontre de l’envie de la gauche de conserver le Capitole ?

Il faut toujours regarder la politique dans le temps. Le fait de présenter une liste autonome au premier tour des municipales a toujours été la position des écologistes toulousains. La seule exception a été en 2008 car après l’ère Baudis/Douste-Blazy/Moudenc qui n’en finissait plus de finir, on avait senti qu’il fallait faire bouger les choses. Aujourd’hui, au vu des derniers résultats électoraux, nous ne sentons pas le Capitole menacé et nous disons aux Toulousains « Choisissez maintenant votre gauche ! » Vous la voulez avec un maire qui a été député, alors qu’il ne siégeait pas au Palais Bourbon ? Avec un maire qui a été président d’à peu près tout ? Même de Tisséo, alors que selon nos accords Tisséo était réservé aux écologistes… Il a tenu un an sans nous le reprendre. Voulez-vous d’un maire qui fonctionne comme ça ou une équipe capable de se répartir les responsabilités ? Une équipe capable enfin de faire une régie municipale pour l’eau et de penser les transports du troisième millénaire.

C’est donc une question de personne ?

… et de pratique politique !

En présentant cette liste, n’allez-vous pas faire le jeu de Jean-Luc Moudenc ?

Nous avons des oppositions franches et déterminées avec Moudenc. Il faut lui expliquer que le 20e siècle, c’est terminé ! Il veut toujours une deuxième rocade ; n’a-t-il pas entendu parler des problèmes climatiques ou de la fin du tout-pétrole ? Veut-il continuer à nous faire un second cercle de camions et de « bagnoles » autour de Toulouse ? N’est-il pas au courant qu’il faut repenser l’urbanisme ? Alors je vous rassure, si nous avons des nuances sur le sujet avec Cohen, permettez-moi de vous dire que si je suis la tête de liste, ce sera saignant  entre Moudenc et moi !

La tête de liste aux municipales, vous y pensez ?

La réflexion est collective, on en parle entre nous… On pèse le pour et le contre, car je ne souhaite pas être candidat à tout. Et puis pourquoi me substituer à de jeunes élus (Régis Godec, Antoine Maurice, ndlr) qui ont fait leurs preuves ?  Vous allez voir que si on désigne une autre personnalité que moi, au bout de deux, trois semaines, son nom se sera installé. Vous constaterez alors que je ne suis pas aussi indispensable que ça… Ou alors ce sera moi !

 

 



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