La gauche réunie pour soutenir Hollande

Pierre Nicolas Bapt

La Gauche unie pour soutenir Hollande

Il y a ceux qui soutiennent le candidat socialiste depuis le premier tour (MRC et PRG) et ceux qui le soutiennent depuis l’issue du premier tour (Europe Ecologie Les Verts), mais tous avec la volonté de participer à un gouvernement de «gauche plurielle» dans l’avenir : «Il y a fort à parier que le prochain gouvernement ne soit pas monocolore. Cela ne s’est jamais vu sous la cinquième République.» (Gérard Onesta). Et puis il y a ceux qui ont décidé d’annoncer leur soutien au leader socialiste avec pour seule ambition d’en terminer avec l’ère Sarkozy. C’est le cas du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, du NPA de Philippe Poutou et Olivier Besancenot ou de Lutte Ouvrière, le mouvement de Nathalie Arthaud.

A Toulouse également tous les partis de gauche ont décidé de s’unir, d’ajouter leurs forces et de mettre leur force militante au service d’une possible victoire de la Gauche dimanche prochain. Le PRG est depuis le début de la campagne aux côtés de ses cousins socialistes. Et pour cause, puisque leur président national Jean-Michel Baylet avait participé à la primaire citoyenne qui a désigné François Hollande comme candidat à cette élection présidentielle : «Dès le début de la campagne nous avons eu des responsables radicaux qui ont intégré le staff national de François Hollande tels Pascal-Eric Lalmy, Sylvia Pinel, Jean-Bernard Bros et bien entendu Jean-Michel Baylet. D’entrée nous étions donc impliqués. Toute cette logique est dupliquée au niveau local, et nous travaillons collectivement sur le terrain, et avec nos élus respectifs» nous explique Pierre-Nicolas Bapt, secrétaire général du PRG en Haute-Garonne et élu à Colomiers. Malgré des divergences programmatiques importantes (le nucléaire notamment), des accords nationaux en vue des élections législatives qui ont perturbé un temps la campagne du leader socialiste et un premier tour compliqué avec Eva Joly «en tête de gondole», Europe Ecologie Les Verts se range maintenant sans ambiguïté derrière François Hollande : «Pour le peuple de gauche et les écologistes réunis, nous n’avons qu’un objectif à court terme, c’est gagner un référendum. Ce référendum c’est pour ou contre Sarkozy. Que l’on soit aujourd’hui socialiste, communiste ou écologiste la réponse est très claire «Sarkozy ça commence à bien faire !» Aucun espoir ne sera possible si l’on conserve ce pouvoir, son essence ou ses dérives droitières qu’il emprunte depuis quelques jours et qui n’auront échappé à personne» défend Gérard Onesta, vice-président de la région. La course aux électeurs de Marine Le Pen du premier tour dans laquelle s’est engagée le président sortant inquiète les partis de gauche, surtout quand on aborde la question du droit de vote des étrangers aux élections locales : «Si l’on souhaite avoir une intégration réussie, il faut bien poser des actes concrets car l’intégration n’est pas qu’économique. Cela passe aussi par la prise en compte de certains aspects politiques. Alors la droite crie au scandale en nous disant que nous prenons le risque d’avoir des maires musulmans. Et alors ? Etre musulman n’est pas une tare non plus. C’est le fait qu’il y ait certaines pratiques qui est condamnable. Mais comme on peut le critiquer aussi chez certains catholiques extrémistes…» expose Pierre-Nicolas Bapt. Une dérive droitière de Nicolas Sarkozy est également observée par l’écologiste Gérard Onesta : «Cela ne date pas d’aujourd’hui. Le Sarkozysme ne se laisse pas porter par les flots du populisme. C’est du populisme.» C’est donc ce jeudi 3 mai qu’une marée rose va envahir la place du Capitole, pour tenter de «porter» François Hollande vers un destin proche de celui d’un autre François : «Ce n’est pas un meeting socialiste, c’est le rendez-vous de la gauche et des écologistes rassemblés» prévient Gérard Onesta. Malgré des sondages positifs (on note tout de même un resserrement des tendances ces derniers jours), la gauche reste prudente : «Ce n’est pas un risque, mais c’est une possibilité. Il peut encore tout se passer» tempère le radical Pierre-Nicolas Bapt. Le 6 mai, ce sont les urnes qui parleront.

Thomas Simonian



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.