Gérard Bapt nous répond

Dans notre édition du 25 avril dernier, nous avions adressé un « Out » au député Gérard Bapt, suite à un article publié sur le site internet « Agoravox ». Il y était notamment question du financement par le laboratoire pharmaceutique GSK, du « Club Hippocrate » (formé d’une centaine de parlementaires) auquel appartenait le député de la Haute-Garonne… L’intéressé nous a contactés, et a souhaité répondre : « Il ne s’agissait pas d’un club au sens associatif du terme, mais d’un cercle où le rôle des co-présidents était d’animer des déjeuners débats.» Il est à signaler que Gérard Bapt était co-président de ce cercle, au même titre qu’un sénateur et un député UMP. « Tout était organisé par une grande société de communication qui gère également une dizaine de cercles de ce type sur des thématiques différentes. J’ai découvert par la suite que cette agence demandait de très grosses participations financières aux entreprises partenaires, qui pouvaient être des laboratoires, des organismes de recherche ou des mutuelles… C’était de l’ordre de 10 à 20 000 euros par entreprise » nous expose Gérard Bapt. Mais alors pourquoi une telle polémique autour de sa participation au sein de ce cercle de réflexion et d’échanges ? La réponse viendrait de sa prise de position médiatique sur le célèbre dossier du Mediator : « Lors de l’un de ces déjeuners-débats, j’avais invité le professeur Moatti d’Aix-en-Provence pour traiter de la santé en Afrique. Et l’entreprise concernée par ce sujet était le laboratoire GSK… Or, quelque temps après, a éclaté le scandale du Mediator, et quelques voix ont alors commencé à m’accuser de rouler pour GSK, au détriment des laboratoires Servier. Le but de la manœuvre était de faire penser que si Servier allait mal, GSK serait en position pour le racheter. » Mais Gérard Bapt affirme n’avoir pas plus de contacts avec GSK qu’avec d’autres labos tels Pierre Fabre, Lilly ou Sanofi, et pense à voix haute que des pressions venues des laboratoires Servier seraient à l’origine de la polémique : « C’était dans la période où j’ai commencé à présider la mission d’information sur le Mediator, et j’ai alors été victime de plusieurs attaques courageusement anonymes. J’y vois bien l’influence de Servier… Comment d’ailleurs expliquer que mes collègues de l’UMP n’aient pas été attaqués dans cette affaire ? » Une question qui sonne comme une mise au point.

Thomas Simonian



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