François-Xavier Pénicaud: «Borloo aurait été mieux inspiré de prendre le temps d’échanger»


Oubliés la Présidentielle et les législatives… Les jeunes du MoDem ont décidé de repartir en croisade, et de ne pas attendre l’issue des guerres d’égos qui font rage chez leurs aînés au sein des divers courants centristes. En septembre, ils tiendront leur «Université de rentrée» en Bretagne, puis en octobre, ils seront en séminaire avec les jeunes des autres partis centristes. Leur président national François-Xavier Pénicaud (accompagné de son secrétaire général Anthony Jouvenel) fait actuellement un tour de France des fédérations pour faire un état des lieux et remotiver les troupes. Cette semaine, il a fait une halte à Toulouse. Le temps de livrer ses vérités au JT autour d’un verre.

Pourquoi ce tour de France des fédérations ?

Il y a eu le temps de la Présidentielle, puis celui des législatives, avec le temps de «souffler» juste après. Maintenant nous souhaitons envisager ensemble la construction future de notre famille politique. Au MoDem nous avons souhaité prendre le temps de la réflexion et du dialogue, d’où ces rencontres… Nous devons dès maintenant mieux préparer les générations montantes en comparaison à ce qui a été fait ces dernières années. Ce non-renouvellement actuel a affaibli le centre.

Cette démarche est-elle concertée avec vos aînés ?

C’est celle du MoDem dans son ensemble, mais c’est vrai qu’au niveau des jeunes, nous allons souvent plus vite, en sachant prendre nos libertés. Nous avons d’ailleurs notre propre calendrier de travail.

Après les revers électoraux que vous venez de connaître, quel est le moral de vos jeunes militants ?

Ils sont dans l’expectative et dans l’attente. Mais on ne peut pas dire qu’il y ait une démobilisation, et cela me surprend. On enregistre même des adhésions. Dans un temps où les extrêmes se sont renforcés, beaucoup de jeunes pensent qu’une force centriste est essentielle. Ils sont à la recherche de cette expression-là…

«A l’UDI, il y a beaucoup de tensions et d’égos qui se fracassent !»

Vu du MoDem comment regardez-vous la tentative d’union des autres partis centristes ?

On discute avec eux mais nos deux députés* n’ont pas, pour le moment, fait le choix de rejoindre leur groupe parlementaire (l’Union des démocrates et indépendants) par la faute d’un gros défaut d’expression. Jean-Louis Borloo aurait été mieux inspiré de prendre le temps d’échanger avec tout le monde… Or nos députés tiennent à leur liberté de positionnement, ce qui n’est pas aujourd’hui possible au sein de l’UDI. Dans ce groupe, il y a beaucoup de tensions et d’égos qui se «fracassent» ! Si nous n’arrivons pas à trouver les dénominateurs communs qui permettront une expression collective, je crains pour l’avenir du centre.

Mais le MoDem a-t-il tout de même pour objectif de jouer un rôle dans le futur pôle centriste qui se profile à travers le groupe parlementaire de l’UDI ?

C’est tout le travail dans lequel nous sommes engagés. Nous sommes très actifs dans la mise en place d’un dialogue constructif avec les jeunes des autres partis centristes. Nous devons étudier ensemble quelles sont nos convergences, et nous aurons dans ce but un séminaire fin octobre.

Vous imaginez plutôt l’avenir du centre sous la forme d’un parti unique, ou plutôt sous la forme d’une confédération ?

Je ne crois pas personnellement au projet de parti unique. Pour que nous puissions réussir, il faudra respecter l’histoire de chacun… Je prends ça en compte. Il ne faut pas insulter ce qui fait le fondement d’engagements de militants qui se sont battus sur les fondamentaux de la laïcité ou de la république. Je  ne vois pas, en particulier le Parti Radical, des partis dissoudre leur histoire dans un mouvement unique. Le pragmatisme et le respect amèneront sans doute à une confédération ou à des partenariats.

Bayrou… Il va bien ?

Très bien. Il est au travail. Il prépare un nouveau livre, et a décidé de s’investir énormément sur la question d’un saut fédéral de notre Europe. Il souhaite apporter sa contribution pour un «plus d’Europe», nécessaire afin de régler notamment les problèmes de production et d’inégalité sociale.

Thomas Simonian



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