Finances, sécurité, fraternité : nouvelle devise toulousaine ?

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Ce vendredi, en Conseil municipal, Jean-Luc Moudenc a annoncé plusieurs nouveautés principalement axées sur la sécurité et la laïcité. Sans oublier la sempiternelle question financière avec un sujet sur toutes les lèvres : la baisse de la participation de la ville au financement des transports…

 

Alors que nous venons de fêter l’anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 (Séparation de l’Eglise et de l’Etat), Jean-Luc Moudenc a bien choisi son timing pour relancer le Conseil de la laïcité de Toulouse, initié par Pierre Cohen en 2013. Cette instance consultative, qui s’appellera désormais ‘‘Toulouse Fraternité’’, sera présidée de droit par le maire de la ville (remplacé en cas d’absence par Laurent Lesgourgues, conseiller municipal délégué à la laïcité et aux relations entre les cultes), alors que Gérard Folus, président de la Licra Haute-Garonne, en sera le secrétaire général.  « Nous reprenons l’idée de ce conseil tout en ayant le recul sur cette expérience d’un an », indique Jean-Luc Moudenc. Concrètement, qu’est-ce qui va changer ? Une composition élargie, qui comprendra « les représentants de tous les cultes, des mouvements laïques, des institutions, des associations de lutte contre les sectes, et de toutes les obédiences maçonniques », cite Laurent Lesgourgues. L’objectif sera également de donner une plus grande visibilité aux travaux de ce comité : « Il y aura un compte-rendu annuel en Conseil municipal et une communication régulière auprès des Toulousains », précise l’élu. Si l’initiative vise à réaffirmer l’importance de la laïcité, le changement de nom laisse l’opposition perplexe. « Je suis attaché à cette notion, qui est au cœur de notre société et permet la pensée libre », a rappelé Jean-Jacques Rouch (élu PRG) dans son propos liminaire au Conseil municipal, « la laïcité et la fraternité sont deux notions différentes, c’est pourquoi je demande que le nom soit conservé ». Requête à laquelle s’est associé le communiste Pierre Lacaze. Mais pour Laurent Lesgourgues, « la fraternité est une notion plus forte, plus fédératrice », alors que la laïcité « n’est pas comprise par tous », surenchérit Gérard Folus.

Deuxième sujet de taille : la sécurité. Les dernières manifestations en hommage à Rémi Fraisse et la multiplication des faits divers ont secoué la ville. Jean-Luc Moudenc a annoncé ce matin une convention de coordination entre la police nationale et la police municipale. Dans les grandes lignes, la municipalité prend en charge la gestion des fourrières, les policiers municipaux vont réinvestir les ZUS (Zone urbaine sensible) et ZSP (Zone de sécurité prioritaire), et leurs horaires d’intervention vont être élargis la nuit pour répondre aux sollicitations du standard Allo mairie. En retour, les agents de la police municipale devraient bénéficier d’une coopération renforcée avec la police nationale, notamment pour les échanges de fichier, la formation et les opérations en ZUS et ZSP. « Nous allons également demander une hausse des effectifs de la police nationale à Bernard Cazeneuve », précise Jean-Luc Moudenc, « en contrepartie des investissements que nous avons réalisé en la matière ». Sur le même sujet, le maire compte mettre en place une commission des libertés publiques et de la tranquillité afin « d’encadrer le déploiement de la vidéosurveillance ».

15 millions d’euros en moins pour Tisséo

Dès le début du Conseil, le maire de Toulouse n’a pas tardé à évoquer le point crucial de ce début de mandat : l’état des finances. Entre la baisse des dotations de l’Etat et « l’épargne détruite par l’ancienne majorité », le débat d’orientation budgétaire est « difficile ». Une décision marque le budget 2014 : la ville donnera à la Communauté urbaine 8 millions d’euros destinés à Tisséo (contre 15 millions depuis 2008) et cessera toute contribution dès 2015. Soit une économie de 90 millions d’euros en 6 ans. En revanche, « les 100 millions d’euros alloués à Tisséo par Toulouse Métropole sont maintenus », indique l’adjoint François Chollet. « Un gel du budget n’est pas tenable pour mettre en œuvre un programme des transports, ni celui que l’on souhaite, ni celui prévue par la majorité », lance l’élu écologiste Régis Godec, juste avant que le débat ne commence.  A voir…



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