Fédéralisme pour l’euro ?

Stéphane Baumont

Alors que la défaite du XV de France et les commentaires accusatoires et vides qui l’ont accompagnée, éloignaient le pays des «cocoricos» triomphants, le PDG de TF1, Nonce Paolini, vient de nommer à la place de Laurence Ferrari, Gille Bouleau à même de redonner confiance à la rédaction de la chaîne au point de faire oublier par son sérieux presque institutionnel, l’aura et la présence totémique de PPDA aux commandes de cette grand’ messe qui continue, encore et toujours, à l’identité d’une chaîne ; alors que l’incompréhension règne après la mort d’un collégien à Rennes, sept douaniers «ripous» sont écroués et font l’objet de moult commentaires dans la presse au moment même où tels les lampiers de la fête sont sans cesse rappelés les principes républicains et l’éthique dans l’action administrative et politique. Alors que Bruno Le Roux devient le nouveau Président du groupe socialiste à l’Assemblée en faisant la promesse de trois femmes Présidentes de Commission (Lemorton aux Affaires Sociales ; Adam à la Défense et Guigou aux Affaires Étrangères), c’est Claude Bartolone qui est investi par le PS pour occuper le perchoir, achevant ainsi la «mainmise» (fortuite) de la Seine Saint Denis (du fameux 9-3) sur les postes à pourvoir à l’Hôtel de Lassay.

Mais c’est surtout l’euro et la zone éponyme qui occupe les gouvernants et entretiennent l’inquiétude et l’angoisse des citoyens, peu enclins à faire confiance à notre démocratie providentielle (près de 50% d’abstention aux législatives), estimant (selon un sondage) que la Grèce ne pourra pas rembourser ; les Italiens et les Espagnols montrent très clairement leur peur d’être les prochains sur la liste ; le même sondage montrant que pour 78% des Allemands et 73% des Français, si la Grèce se trouve en défaut de paiements alors il faudra qu’elle soit exclue de la zone euro. Pour l’économiste et essayiste, Jacques Attali, «il s’agit de veiller à ce qu’aucun membre de l’eurozone ne dépasse la limite des déficits décidés en commun… Si l’intégration politique et économique n’avance pas, l’Allemagne et la France souffriront de dépressions majeures.» Et d’affirmer que «la France doit accepter cette amorce de fédéralisme politique européen. Elle a tout à y gagner ». Pari osé et audacieux au moment où entre la réunion de Rome et le Sommet européen, le Président «normal» se confronte au réel et se heurte à la dégradation de la situation économique et sociale qui se traduit, côté sondages de popularité, par une forte mobilisation des mécontents (+7%), progression qui vient, pour l’essentiel, des indécis du mois de mai (commerçants, artisans +15 ; professions libérales et cadres supérieurs +13). L’opinion publique reste majoritairement favorable au Président et au Premier Ministre, partagée entre l’envie de les voir enfin tenir leurs promesses, la déception de les sentir peut-être les respecter et la peur des effets possibles de leurs réalisations : les chroniqueurs parlent d’ailleurs des «50 jours à l’Élysée» ; il n’est pas question d’état de grâce ni d’institutionnalisation de la normalité tant la crise est là, au cœur du quinquennat débutant, tant la vision industrialiste (développement du tissu productif, lutte contre le chômage, sauvetage de la zone euro) se fait au détriment des vœux écologistes (éviction du Ministre de l’Écologie) dont le parti (choyé par le PS) risque de tomber dans le syndrome du Parti Radical de gauche : un allié loyal mais souvent atone tentant de démontrer avec son nouveau secrétaire national, Pascal Durand, que «la loyauté n’est pas l’obéissance, et le partenariat n’est pas la fusion.»



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