Exclu / Duel au centre, Jean Iglesis et Philippe Lasterle débattent sur notre site

Le 27 mai prochain, les militants hauts-garonnais de l’UDI éliront leur président. En pleine pré-campagne municipale, à l’heure de fortes tensions entre Jean-Luc Moudenc (UMP) et la candidate centriste Christine de Veyrac, deux hommes se font face pour devenir le leader de l’UDI en terre toulousaine. Jean Iglesis et Philippe Lasterle ont accepté de débattre, et d’échanger leurs différences mais aussi leurs points de convergence.

 

Quelles sont les raisons qui donnent de la légitimité à votre candidature ?

 

Jean Iglesis : Au-delà de mon engagement sans faille au centre depuis plus de vingt ans, j’ai participé au travail de rassemblement des centristes accompli depuis dix-huit mois, soit bien avant que ne se créé l’UDI au niveau national. Nommé par Jean-Louis Borloo coordinateur provisoire de l’UDI 31, j’ai depuis la fin de l’année dernière œuvré sans relâche à rassembler les familles centristes. Ce fut un travail de fond, pas toujours visible mais exaltant qui nous permet aujourd’hui d’aboutir à une liste d’union pour le conseil départemental. C’était loin d’être une évidence surtout si l’on observe ce qui peut se passer dans d’autres fédérations. Enfin, même si j’entends être le Président de tous, j’ai le soutien de la grande majorité des responsables politiques : Laurent Cuzacq (Force Européenne Démocrate), Jean-Pierre Albouy (NC), Jean-Jacques Bolzan (PRV), Grigori Michel (responsable des jeunes UDI), Laurence Massat (porte-parole), tout comme la confiance des responsables nationaux de l’UDI à commencer par Jean-Louis Borloo, notre président. Chacun connaît ma proximité et mes liens d’amitié avec Christine de Veyrac et Alain Chatillon, Président d’Honneur du Parti Radical.

Philippe Lasterle : Toutes les candidatures, à la condition de respecter nos statuts, sont légitimes. Prétendre que telle ou telle ne le serait pas, est inconcevable dans un parti moderne et démocratique comme le nôtre. Mais la mienne a indiscutablement une particularité : c’est une candidature de renouveau à l’heure où les centristes écrivent partout en France une nouvelle page de leur Histoire. Je veux être un président bâtisseur, rassembleur et dynamique, au service d’une UDI conquérante. Surtout, je veux inscrire mon action dans la durée. Je ne brigue pas, vous l’aurez compris, la présidence de l’UDI 31 pour disposer d’un tremplin pour tel ou tel scrutin, mais pour prolonger une démarche. L’avenir de notre fédération dépendra de notre capacité à constituer une équipe plurielle, rassemblée et opérationnelle autour d’un président capable de fixer un cap et de le tenir. Je me suis longuement interrogé avant de me porter candidat à la présidence. J’ai recueilli l’avis de mes amis centristes. Très nombreux ont été ceux qui m’ont encouragé car ils savent la solidité de mes convictions, mon sens du collectif, mes capacités à fixer un cap et à le tenir. Fort de ma proximité avec les élus locaux auxquels j’apporte mon concours depuis près de dix ans, de mon expérience des campagnes électorales (j’ai accompagné Alain Chatillon, Christine de Veyrac…), de ma connaissance des enjeux hauts-garonnais et des rouages des collectivités ainsi que de ma relation de confiance avec les médias, j’ai donc décidé de me porter candidat à la présidence de notre fédération.

 

Quels sont, selon-vous, les points à améliorer dans le fonctionnement de votre fédération ?

 

JI : La fédération n’existera à proprement parler qu’après les élections ; nous étions jusqu’ici dans un système de « coordination provisoire », par définition imparfait, et avec très peu d’autonomie vis-à-vis des instances nationales. Nous sommes en cours de construction et de nombreuses choses ne pouvaient être enclenchées qu’après les élections (local, moyens généraux, nomination d’une équipe opérationnelle…) Jusqu’à présent j’ai contribué à bâtir de solides fondations pour qu’au lendemain des élections, dès le 28 mai, l’UDI31 puisse être totalement en état de marche. La fédération sera donc organisée de façon très professionnelle, avec un délégué départemental, un porte-parole, des délégués adjoints et des chargés de mission en charge du travail militant, de la coordination du terrain (avec des délégués de circonscriptions et de cantons pour être présents partout sur le territoire départemental), d’un pôle réflexion/programme, de l’animation de la fédération (réunions thématiques régulières, apéros-débats), de la communication régulière sur nos actions (sur le web, dans les médias …) J’entends les critiques sur le souhait d’aller plus vite, mais il fallait rassembler et créer les conditions de l’union et de l’unité avant de passer à la vitesse supérieure.

 

 

PL : La mission de coordination provisoirement confiée à Jean Iglésis est parvenue à son terme. Nous devons, à présent, passer à la vitesse supérieure et élargir notre action à l’ensemble du département. Pour y parvenir, je propose une feuille de route qui se décline en trois axes. Des objectifs précis : mailler tout le département par un travail de terrain rigoureux et le déploiement de référents cantonaux et de délégués de circonscription ; faire émerger une nouvelle génération de femmes et d’hommes qui porteront nos couleurs ; être présents et actifs dans les médias. Une ligne politique claire : construire un partenariat respectueux avec l’UMP sans rien renier de nos convictions ; approfondir le dialogue avec le MoDem ; ouvrir l’UDI à la société civile ; combattre la gauche sur tous les terrains et bâtir une digue contre le FN. Enfin, une gouvernance reposant sur des principes qui ont fait leur preuve : l’esprit d’équipe afin de fédérer les énergies, d’agréger les compétences et d’additionner les talents ; le respect des sensibilités qui font la richesse de notre mouvement ; l’éthique de conviction, de responsabilité et de comportement. Maillage, partenariat et esprit d’équipe, tels sont les maîtres-mots qui guideront mon action.

 

« Mon ambition : faire de l’UDI le premier parti de Haute-Garonne » (Philippe Lasterle)

 

Peut-on envisager de voir d’ici quelques années l’UDI prendre une vraie place dans le paysage politique départemental voire être plus importante que l’UMP ?

 

JI : C’est pour moi une certitude. Ce parti « colle » à la sociologie de ce département qui n’a jamais goûté aux extrêmes et qui est une terre de modérés, d’humanistes et de centristes. Mon ambition est de faire de l’UDI le premier parti d’opposition au PS hégémonique dans ce département. Le parti de la reconquête de nos mairies, de nos cantons et de la région ! Je suis convaincu que nous pouvons relever ce défi et je suis déterminé à bâtir une formation politique centriste qui puisse peser à nouveau. Les élections de 2014 (municipales et européennes) constitueront une bonne grille de lecture du poids respectif des partis même si nous devons clairement être travailleurs, patients et regarder sur le long-terme car tout ne se fera pas en un jour.

 

 

PL : Vous l’avez compris, mon ambition – et je sais qu’elle est partagée par tous – consiste à faire de l’UDI le premier parti de Haute-Garonne. Notre département est une terre modérée, un terreau favorable au centre à la condition de le travailler avec méthode, détermination et enthousiasme comme ont su le faire par le passé Pierre Baudis, Dominique Baudis ou Philippe Douste-Blazy. Nous avons devant nous une importante séquence électorale qui débutera en mars 2014 avec les élections municipales et s’achèvera en mars 2015 avec les élections départementales et régionales. C’est une formidable opportunité de faire émerger une nouvelle génération de femmes et d’hommes qui défendront les valeurs centristes et de faire venir à nous de nouveaux adhérents et sympathisants. Président de tous, je mettrai toute mon énergie au service de cet objectif.

 

« De la détermination à jouer les premiers rôles ! » (Jean Iglesis)

 

L’élection à la présidence de l’UDI se déroule en pleine précampagne municipale dans une période de tensions entre Jean-Luc Moudenc et votre candidate Christine de Veyrac. Soutenez-vous l’idée que Christine de Veyrac doive aller au bout de sa démarche ? Doit-il y avoir des accords avec l’UMP ?

 

JI : Lorsqu’elle a lancé sa candidature en février, Christine de Veyrac a dit, paraphrasant Clémenceau, « Quand on sait ce que l’on veut, il faut avoir le courage de le dire, quand on l’a dit, il faut avoir le courage de le faire. » Elle sait ce qu’elle veut : apporter un souffle nouveau et de l’ambition à cette ville, elle l’a dit et elle a, je le crois, le courage d’aller au bout de sa démarche. Christine de Veyrac est notre candidate et nous la soutenons. L’UDI ne peut nourrir de grandes ambitions nationales sans faire entendre sa voix et défendre sa vision des choses aux élections locales. Mais il ne faudrait pas croire que l’UDI ne s’intéresse qu’à Toulouse, bien au contraire, une équipe est en place et opérationnelle pour identifier et accompagner les candidats de notre famille politique dans le reste du territoire. Quant aux accords avec l’UMP, ils viendront nécessairement au niveau national. Nos destins sont liés, l’opposition doit marcher sur deux jambes et pour bien avancer, il faut de l’équilibre… Jean-Louis Borloo a été très clair : du dialogue avec nos partenaires mais de la détermination à jouer les premiers rôles !

 

 

 

PL : L’enjeu toulousain est capital. Si nous regagnons Toulouse, nous serons en position de force pour aborder les élections sénatoriales de l’automne 2014 – au cours desquelles nous accompagnerons activement Alain Chatillon dans la campagne pour sa réélection grandement méritée – et les élections départementales et régionales de mars 2015. Mais, au-delà de l’enjeu municipal, il y a aussi l’enjeu métropolitain. Nous devrons donc créer ensemble avec l’UMP, les conditions du rassemblement indispensable pour battre Pierre Cohen à Toulouse, conforter nos maires amis, et gagner le plus grand nombre d’élus dans l’agglomération. Pour ce qui concerne précisément Toulouse, je veux rappeler que ce sont nos instances dirigeantes qui décideront de la stratégie que nous mettrons en œuvre. C’est Paris qui décidera de la présence ou pas d’une liste UDI autonome au 1er tour. Et quelle que soit la configuration qui sera arrêtée, Christine de Veyrac sera une actrice incontournable de la reconquête. Pour en terminer avec Toulouse, je veux dire ma double conviction : celle, d’une part, que Pierre Cohen est battable et celle, d’autre part, que les centristes

Propos recueillis par T.Simonian

@tsimonian



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