Enfin candidat face à Moudenc et… Simon. Alain Fillola l’a fait !

C’était un «secret de polichinelle» pour tout le microcosme politique. Le maire de Balma, vice-président du «Grand Toulouse» et conseiller général est désormais officiellement candidat sur la troisième circonscription depuis le 11 mai dernier : «Ma conscience me dit d’y aller.» Il l’avait déjà laissé sous-entendre dans nos colonnes il y a deux semaines avec cette phrase volontairement provocatrice : «Nous connaissons le candidat de l’UMP, celui d’Europe Ecologie Les Verts ou du Front de Gauche, pas encore celui du PS…» Sur le papier, Alain Fillola risque l’exclusion de son parti, et Sébastien Denard le patron départemental du PS vient de la réclamer à ses instances parisiennes : «Il est dans son rôle. Mais socialiste je suis, socialiste je reste» explique le nouveau candidat. Rappelons que dans le cadre d’un accord national, c’est l’écologiste François Simon qui détient l’investiture officielle de la nouvelle majorité présidentielle. Sauf que…

Il y a une réalité terrain qui fait que la quasi-totalité des élus de gauche de cette circonscription est rangée derrière le Balmanais… Qu’il est le maire élu toujours assez facilement d’une commune sociologiquement de droite (les derniers résultats de la Présidentielle le prouvent – 50,71% en faveur de Nicolas Sarkozy)… que Pierre Cohen ne devrait pas voir d’un mauvais œil, bien au contraire, cette candidature… Preuve s’il en est, c’est une adjointe du maire de Toulouse, Cécile Ramos, qui est la suppléante («Avec Cécile à mes côtés c’est rassurant, crédible et convaincant»), et que le PRG, pourtant membre de la majorité présidentielle, par la voix de son président national Jean-Michel Baylet, soutient la démarche du maire de Balma. Cette dissidence au candidat investi peut cependant être à «double tranchant».

Soit elle permet d’avoir un représentant de gauche qui correspond davantage à la sociologie de cette circonscription pour envisager une victoire, soit elle divise la gauche fortement au premier tour en plaçant Jean-Luc Moudenc en tête… Et à ce moment-là, la dynamique sera du côté de l’ancien maire de Toulouse. D’ailleurs pour Alain Fillola, l’adversaire est clairement identifié : «C’est Jean-Luc Moudenc ! C’est lui que j’affronte. Le meilleur cadre pour lui était d’affronter François Simon. Celui qu’il craint, c’est moi ! Je suis en train d’empêcher l’élection d’un député UMP en Haute-Garonne. Je ne veux pas voir Moudenc député et mettre en péril le Capitole.» L’annonce d’Alain Fillola n’est sans doute pas forcément la meilleure qui soit pour l’ancien maire de Toulouse, et actuel président départemental de l’UMP, qui sur beaucoup de sujets, notamment économiques, aura moins l’occasion de «cliver» qu’avec François Simon («Son passé, notamment altermondialiste, n’est pas en accord avec la sociologie de notre circonscription. Sa candidature est un schéma perdant» selon le candidat dissident). Il aura moins de «prises» sur son adversaire. Les cartes sont donc désormais rabattues sur la troisième circonscription. Et le grand «chelem» non pas de la gauche mais du PS est désormais envisageable. Car s’il gagne, l’exclusion possible d’Alain Fillola du PS, sera déjà de l’histoire ancienne. Trois hommes (Fillola-Moudenc-Simon) pour un fauteuil. La campagne va être passionnante.

Thomas Simonian   thomas.simonian@premiere-reponse.com



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