[Edito]Une fusion sinon rien

Thomas SimonianLe 19 novembre dernier, l’Assemblée nationale validait enfin la carte à treize régions dessinée sur un coin de table par le gouvernement. Car la réalité est qu’il fallait une réforme territoriale de grande ampleur … Que François Hollande avait eu raison de s’attaquer à ce mille-feuilles qui a toujours fait peur à tous les exécutifs en place depuis des décennies. Le toujours agité Sarkozy, redevenu président … de l’UMP le week-end dernier, avait même dans sa période élyséenne missionné un certain Edouard Balladur pour réfléchir via une commission à la modernisation de nos territoires et de nos institutions. Au final rien n’était réellement ressorti du travail rendu par l’ancien premier-ministre de Jacques Chirac et son équipe … C’est dire si l’inertie reste comme toujours le mal français. Nous attendions donc beaucoup des promesses hollandaises en la matière. Nous n’aurions sans doute pas dû ! Car au final, les départements ne sont toujours pas supprimés officiellement (Manuel Valls a même évoqué 2021, ouais foutage de gueule, non ?), la réflexion sur les fusions possibles entre petites communes est remise aux calendes grecques, et donc la carte des nouvelles régions a été réalisée à la va-vite en ne résistant pas à certains lobbys. Triste constat !

« Le toit avant les fondations »

D’autant que le débat sur les compétences qui seront attribuées au final à chaque collectivité est pour le moins trouble … Le gouvernement a préféré prendre les ciseaux avant d’entamer une véritable étude sur la question des compétences. Le superficiel avant le fond. Le toit avant les fondations. C’est donc dans ce contexte que Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon vont fusionner. En Midi-Pyrénées, chacun semble résigné voire positif sur le projet, même si, pour beaucoup, une alliance avec l’Aquitaine semblait plus prometteuse (il est vrai que nous avions déjà en commun la marque « Sud-Ouest France » ainsi que des pôles de compétitivité), tandis que sur les bords méditerranéens le doute subsiste. La preuve, certains de leurs parlementaires, socialistes de surcroît, se sont abstenus sur le vote : « Je me suis abstenu par rapport à Georges Frêche. Il avait fait de Montpellier une capitale européenne et elle ne sera pas capitale de la nouvelle région, j’en suis malheureux », avoue le député-maire d’Argelès-sur-Mer, Pierre Aylagas avant qu’il ne boive la tasse. Une réforme non anticipée, non préparée en amont, mal acceptée. Rendez-vous donc en décembre 2015 pour élire nos conseillers régionaux … D’ici là nous connaîtrons peut-être leurs futures compétences. Ou pas.



UN COMMENTAIRE SUR [Edito]Une fusion sinon rien

  1. BL dit :

    Je ne suis pas d’accord.
    C’est fusion sont une ineptie car elles vont créer des régions à la fois trop grandes et trop faibles.

    La priorité aurait dû être la fusion conseils régionaux / conseils généraux pour porter un projet global et cohérent sur un territoire.
    On aurait alors pu avoir les stratégies et orientations votées au niveau régional tout en conservant une organisation territoriale, s’appuyant sur l’échelle des départements, pour décliner les politiques régionales (voir Pôles territoriaux de Toulouse Métropole).
    Ceci sera impossible avec ces trop grandes régions.

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