[Edito] Valls veut-il tuer Hollande ?

©Franck Alix/JT
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Le Premier ministre est prêt à aller « jusqu’au bout » pour l’adoption de la réforme du code du travail. Une réforme, qui une fois de plus, bouscule son parti et la base idéologique de la gauche fondée sur la protection du salarié. Il évoque « deux gauches irréconciliables », entre d’un côté le courant « progressiste » (le sien) et les anti-réformistes (les autres). La gauche progressiste serait donc la droite. Ce nouveau postulat ravive les tensions au sein du PS, déjà passablement affaibli par le débat sur la déchéance de nationalité. Mais le dicton « diviser pour mieux régner » risque de ne pas s’appliquer cette fois. À un an des présidentielles, François Hollande a besoin de rassembler son camp. Et ce n’est pas le dernier remaniement qui va convaincre les électeurs de gauche qu’ils n’ont pas été trahis. Alors pourquoi Manuel Valls s’acharne-t-il à détruire la gauche ? Calcul politique ? Prépare-t-il l’alternance pour 2017 pour avoir toutes ses chances le coup d’après ? Il pourrait même se présenter à la primaire de la droite en novembre, que cela n’étonnerait plus grand monde. Même Henri Guaino (ancienne plume de Nicolas Sarkozy), juge la réforme du code du travail trop à libérale à son goût…

« La goutte d’eau qui fait déborder le vase »

Au niveau local, les réfractaires ne manquent pas au PS 31. La députée et présidente de la commission des affaires sociales, Catherine Lemorton a déjà annoncé son opposition au projet « en l’état actuel des choses ». Un obstacle qui pourrait être de taille, car la loi devra obligatoirement passer par sa commission. Ou pas ? La députée craint déjà une manœuvre politique : « Si on dessaisit ma commission au profit d’une commission spéciale, je vais me transformer en Benoît Hamon », a-t-elle déclaré à France 3 Midi-Pyrénées. Ce projet de loi va-t-il gonfler le rang des frondeurs ? Catherine Lemorton avait tout de même voté la motion A (qui soutenait le gouvernement) au dernier Congrès du PS, comme tous les députés de Haute-Garonne. À l’instar également du premier secrétaire fédéral du PS 31, Sébastien Vincini qui aujourd’hui exprime ses réserves sur le sujet. Cette loi pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase, même pour les plus fidèles socialistes habitués à avaler des couleuvres. Si la réforme, telle qu’elle a été annoncée dans la presse se confirme, le gouvernement qui a déjà paumé la gauche de la gauche risque de perdre la gauche tout court.

 

 



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