Edito : une langue qui fourche

 

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Même les plus expérimentés font des erreurs. Un vieux loup de la politique, comme le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, arrive encore à déraper. Ça en est presque rassurant. On ne devient pas totalement un robot lorsqu’on porte la parole d’un parti… Sur le fond du propos, ça l’est moins… Dans le Canard enchainé, le premier secrétaire, évoque les élections régionales en Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon et revient sur l’accord PS / PRG : « Baylet est désormais le patron non seulement de ‘La Dépêche’, mais aussi du ‘Midi Libre’. Or c’est dans cette région du Grand Sud-Ouest que va sans doute se jouer une partie de la présidentielle pour Hollande. » Le cynisme au grand jour. Ce n’est pas réellement une surprise. Qui pensait que le PRG était en soi un allié de poids ? Cette petite formation politique, que l’on entend jamais à part lors d’un remaniement ou d’une élection… Ce ne sont pas ses quelque 9000 adhérents qui vont changer la donne. En revanche, les lecteurs cumulés de La Dépêche du Midi, du Petit Bleu de Lot-et-Garonne, de La Nouvelle République des Pyrénées, du Midi Libre, et de L’Indépendant, ça commence à faire du monde…

 ” Les petites phrases’’ ont bousculé les codes “

Bref,  la langue de Jean-Christophe Cambadélis  a fourché… Et bien sûr, la phrase n’est pas passée inaperçue. Certains pourraient critiquer la propagation des ‘‘dérapages’’ sur les réseaux sociaux, les chaines infos etc. Des outils autant appréciés que controversés. Personnellement, je m’en réjouis. Je ne considère pas qu’un politique ‘‘dérape’’ lorsqu’il dit ce qu’il pense. Oui, Twitter, Facebook, et compagnie poussent à la faute ou amplifie une polémique. Mais en tant que journaliste, j’en ai marre des phrases toutes faites, de la langue de bois, des discours lisses. A chaque interview politique que j’entends, je sais à l’avance toutes les réponses qui vont être formulées.  ‘‘Les petites phrases’’ sont souvent des petits bouts de vérité. ‘‘Les petites phrases’’ ont bousculé les codes. Elles mettent un peu de spontanéité dans un milieu régi par la communication et l’image. Le problème est que le ‘‘milieu’’ s’adapte vite (un peu comme les insectes aux insecticides…) en instrumentalisant les sorties fracassantes des adversaires pour mieux cacher les vrais sujets… Mais dans le cas de Jean-Christophe Cambadélis, c’est le genre d’info qui mérite d’être sortie, reprise et commentée. Merci le Canard.

 

 



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