[Edito] Un Reynié qui n’est pas encore prince

Thomas Simonian EditoL’homme est médiatiquement habile depuis longtemps. Il a même un vrai savoir-faire, et a su s’appuyer avec intelligence sur le vrai-faux soutien de Sarko afin de convaincre un collège d’élus régionaux de le placer à la tête de la liste de la droite et du centre dans notre nouvelle grande région. Le politologue préféré d’Yves Calvi est donc passé de l’autre côté de la barrière, « la profonde transformation qui nous emporte aujourd’hui m’amène à vouloir m’engager pour être au milieu de celles et ceux qui agissent. » Il est désormais un homme politique. Une entrée dans un nouveau monde qui a d’ailleurs été largement médiatisée, et qui est très contestée par les socialistes : « On voit bien ce qui nous sépare : deux visions, l’une centralisée, opaque et parisienne, l’autre plurielle, transparente et démocratique, ancrée dans les territoires », a commenté le président du groupe PS en Midi-Pyrénées, Thierry Suaud. Une manière d’annoncer le parachutage d’une vedette médiatique parisienne en terres occitanes. Plutôt habile politiquement. Plutôt vrai factuellement. Car si le politologue est bien d’origine aveyronnaise, cela fait tout de même quelques années qu’il ne s’est sans doute pas régalé avec un bon aligot.

Oui mais … Les socialistes devraient tout de même se méfier, car il y a dans cette région la jurisprudence Baudis. Si à première vue, on peut en effet ironiser sur le manque d’expérience du politologue en matière de gestion d’une collectivité, on peut également défendre l’idée d’un renouvellement de la classe politique. Pourquoi serait-elle fermée aux seuls apparatchiks ? Dominique Reynié ne pourrait-il pas être le symbole d’une société civile enfin prête à bousculer la caste dominante ? D’autant que prenons l’exemple d’un certain Dominique Baudis. En 1983, le gendre idéal venu du journal de la petite lucarne, est arrivé au Capitole quasiment vierge de toute expérience politique … Cela l’a-t-il pour autant empêché d’être réélu à trois reprises ? Mieux Dominique Baudis avait su utiliser son talent de communicant à des fins politiques : « Il savait même faire croire qu’il était allé là où il n’avait jamais été », s’amuse un ancien adjoint de la ville rose. Le politologue devrait donc tenter de suivre les traceslaissées par le journaliste …

Carole Delga-Dominique Reynié-Louis Aliot, un fauteuil pour trois. La campagne régionale est donc lancée. Sauf qu’accessoirement nous ne connaissons toujours pas le nom de cette future région, alliance du Gaillac et du Fitou, du foie-gras et du cassoulet. Oh plusieurs propositions ont bien filtré … « Sud de France » a soufflé Damien Alary, le président de Languedoc-Roussillon. Une blague, non ? « Pyrénées-Méditerranée » a proposé Martin Malvy. Un peu trop institutionnel, non ? « Pyrénées-Languedoc » nous souffle encore une voix issue du PRG. Ouais bof … Hé Dominique t’as pas une idée pour le nom ? N’hésite pas, on est preneurs.



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