[EDITO] Tous les mêmes ?

Difficile aujourd’hui de ne pas être tiraillé devant cette sentence radicale. Bien sûr, il y a dans ce « tous les mêmes » un relent de poujadisme un peu nauséabond. Et évidemment que la réalité est bien plus nuancée. Mais quand même, devant ce concours de promesses non tenues, de stratégies de communication et surtout face à ce sentiment inexorable que l’on va vers le mur, la tentation est grande de céder. Pas besoin d’instituts de sondage pour palper l’exaspération ambiante. Qualifiée au pire de pourrie, le plus souvent d’incompétente, au minimum d’impuissante, la classe politique traditionnelle n’a pas le vent en poupe, c’est le moins que l’on puisse dire. Ces derniers temps, quelle discussion politique entre collègues ou entre amis ne finit pas par cet inévitable cul-de-sac verbal : « Pfff, tous les mêmes ! » Une fois prononcé, impossible de faire demi-tour.

« Râler ne nous exonère pas de notre rôle de citoyen »

Et pourtant ! Que fait-on une fois que l’on a dit cela ? Râler ne nous exonère pas de notre rôle de citoyens. Et si la négligence de nos politiques n’était que le reflet de notre propre incapacité à se réapproprier le champ de la politique, la vraie ? Celle qui est partout : dans un repas de quartier, une fête d’école, une association ou un jardin partagé. Toutes ces choses du quotidien qui nous permettent de vivre ensemble. À l’approche de la fameuse échéance de 2017, certains vont beaucoup plus loin que ces petits riens. Des citoyens qui ont décidé de se lancer dans la campagne pour les prochaines présidentielles. C’est à eux que nous consacrons ce dossier. En prenant le parti de dépasser le simple constat d’échec, ils veulent faire souffler un vent de fraîcheur sur la manière de faire de la politique. Une vague bienvenue et un discours sur la méthode plein de bonnes intentions. Mais qui ne doit pas mettre de côté les idées. Car même si l’on enlève les étiquettes, il serait fou d’oublier qu’il y a des « tous les mêmes » de gauche et des « tous les mêmes » de droite, qu’il y en a des libéraux et des anticapitalistes, des modérés et des extrémistes, certains sincères, d’autres opportunistes.



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