[Edito] Sous les pavés, l’été

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

La France à sec. Arrêt des raffineries, blocage de la distribution de carburants et appel à la grève générale dans les transports, dans les usines, dans les centrales électriques… Le pays tourne au ralenti. Les grèves immobilisent l’économie et nourrissent l’image déplorable qu’a le français à l’étranger. Car outre-frontières, il n’est pas le quidam à vélo, béret sur la tête et baguette à la main que l’on se figure, mais plutôt un insatisfait chronique à la génétique râleuse et à la grève facile. Le problème finalement n’est pas dans la déformation cette image d’Épinal, mais plutôt dans le fait que le français ne cumule pas tous les vices : à savoir que la rancœur ne fait pas partie de ses habitudes. Car après des mois de velléités convergentes, quand mille revendications descendent ensemble dans les rues, s’entraident et marchent au pas pour mieux crier leur colère, le calendrier fait toujours défaut à un moment ou à un autre. Et cette année c’est le ballon rond qui va débarquer comme un boulet de canon pour shooter tous les tracas du moment. Et après l’Euro viendra l’été.

« Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des plages de la méditerranée »

Cette capacité qu’a le Français à se révolter, pour ensuite oublier, entassé sur les plages de la méditerranée, préoccupé par le parfum des churros ou la température des flots est un véritable Talon d’Achille. Viendra enfin septembre et chacun reprendra le chemin de l’école, finalement balayé des ennuis passés. Et la loi travail qui aura tant fait souffrir l’hexagone ne sera qu’une ligne dans les livres d’école. Une ligne pour souligner l’avant et l’après, le Code du travail d’antan et celui d’aujourd’hui. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des plages de la méditerranée. À l’Élysée, ça, ils l’ont bien compris. D’autant que la bonne humeur toute fraiche des vacanciers retrouvant leurs pénates sera un allié formidable pour accueillir les bonnes nouvelles de fin d’année… que dis-je, de mandat. Le gouvernement n’a plus que quelques mois pour lancer ses dernières mesures avant le sprint final vers la présidentielle. Au diable décisions impopulaires, place à la distribution généreuse des deniers restants. Le souvenir présidentiel doit être assez bon pour guider à nouveau la main du citoyen dans l’urne… C’est là que la piètre mémoire du français atteint son paroxysme. Il se souvient qu’il n’était pas content, mais se trompe souvent de méthode -ou de sauveur- pour montrer son aigreur. Pourtant l’histoire a déjà parlé. Et plusieurs fois.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.