[Edito] Parlez-moi de moi, y’a que ça qui m’intéresse !

Thomas Simonian EditoIl y a aujourd’hui une obligation de résultats. Le JT avait titré la semaine dernière « Le danger FN : même ici ! », sans savoir que toute la semaine médiatique qui allait suivre allait être axée autour de cette idée. Mieux nous avons eu droit dimanche dernier à un Premier ministre shakespearien qui a volontairement dramatisé la situation : « J’ai peur que mon pays se fracasse sur le Front national. » Pour beaucoup d’observateurs, Manuel Valls a commis là une grave erreur stratégique. Sans doute. Car une stigmatisation de la sorte ne devrait pas avoir d’effets … car la désespérance est telle, qu’elle n’attend pour seule réponse que des actes concrets. Des solutions notamment en matière d’emploi et de sécurité. Tout le reste, tout le verbiage actuel, les électeurs s’en moquent : « C’est du pipeau ! », crient-ils aux élus de République. « Parlez-moi de moi, y’a que ça qui m’intéresse ! », complètent-ils.

« Des alliances de coulisses à ne pas exclure »

Du renouvellement, et vite ! Tous les sondages illustrent un rejet clair et de François Hollande, et de Nicolas Sarkozy. La nouvelle espérance viendra donc de nouvelles têtes qui porteront un projet flambant neuf. La vie politique de notre pays a bien besoin d’une nouvelle respiration, à l’instar de la Grande-Bretagne (avec David Cameron), de l’Italie (avec Matteo Renzi) et bien entendu de la Grèce (avec Alexis Tsipras) et de l’Espagne (avec Pablo Iglesias) … Sauf que la France est sans doute beaucoup plus légitimiste, elle aime l’expérience et ne tourne jamais les pages de son histoire dans la simplicité. C’est dans ce contexte-là que Marine fait son beurre. L’UMP et le PS en panne de nouvelles têtes charismatiques, c’est le populisme qui incarne le renouvellement. Triste constat.

La Haute-Garonne se préparerait-elle à une crise ?  La contestation vis-à-vis de la politique gouvernementale sera là. En Haute-Garonne, comme ailleurs … La droite se retrouve donc dans une situation de quasi-favori pour ces prochaines élections départementales. Le 22 mars au soir, elle pourrait se retrouver en tête du premier tour, avec un effet Moudenc dont on mesurera les conséquences sur Toulouse intra-muros. Mais c’est le 29 mars au soir, qu’il pourrait y avoir de l’électricité dans l’air. Le scénario du pire est à envisager au vu du contexte ambiant. S’il s’avérait que la droite emporte l’élection avec deux ou trois cantons d’avance, et que le Front national gagne de son côté de un à trois cantons … nous serions alors dans la situation d’une majorité relative, avec des alliances de coulisses à ne pas exclure pour élire l’exécutif départemental. À l’instar de ce que nous avions vécu à la région en 1998 lors de l’arrivée de Martin Malvy à sa présidence. Le leader de la droite et du centre d’alors, Marc Censi, avait refusé d’être élu avec des voix venues du Front national. Au grand dam de certains élus de son propre camp, et du jeu plutôt trouble de certains socialistes. Espérons que nous éviterons la suite de ce mauvais feuilleton … Mais rien n’est moins sûr.

 

 

 



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