[Edito] Panama papers, et après ?

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Cette semaine, a été révélée au grand jour une énorme enquête journalistique d’une ampleur sans précédent. L’affaire Panama papers a éclaté dans le monde entier éclaboussant des chefs d’État, hommes politiques, hommes d’affaires, sportifs, et même mafieux… Tous épinglés pour des faits d’évasion fiscale. Une économie parallèle qui représente une manne financière de milliard d’euros, difficile à cerner et à combattre. Cela demande d’une part une concertation internationale entre pays, et d’autre part une volonté politique. Or, à regarder de près la liste des personnes concernées, on comprend que certains États ne se sont pas trop mouillés !

Qui va passer à travers les mailles du filet ?

On peut saluer en revanche la concertation internationale des médias, qui a servi sur un plateau, à la fois des noms, et les dessous de la finance offshore. D’autant que le travail d’enquête est en voie de disparition dans le milieu journalistique. Par manque de temps et de moyen, par le dictat du flux d’information massif imposé par le web, les facteurs sont nombreux pour expliquer cette situation. L’ère du tout info et la réécriture de dépêche AFP ont tué l’investigation. À quelques exceptions près. Dans ce contexte, où les critiques contre la presse sont devenues monnaie courante, Le Monde et ses nombreux confrères étrangers ont su prendre des risques, mener un travail de longue haleine, qui aurait pu maintes fois capoter sous les pressions.

Maintenant la question se pose des suites à donner à ces révélations. Le risque que tout cela retombe comme un soufflet au bout de quelques mois est réel. En France, François Hollande a promis l’ouverture d’enquêtes judiciaires contre les ressortissants français incriminés. On attend de voir. Le Panama a déjà lancé une procédure en ce sens. Dans les pays démocratiques, le soulèvement populaire va pousser les responsables politiques véreux dehors, comme on le voit en Islande. D’autres risquent de passer à travers les mailles du filet. L’enquête du Monde et du consortium international est un premier pas, de taille, dans la lutte contre l’évasion fiscale. Mais qui peut juger aujourd’hui le roi du Maroc ou le président des Émirats arabes unis ?

 

 



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