[Edito] On … Off : Foutage de gueule

Thomas SimonianL’affaire (une de plus !) Fillon-Jouyet met, certes, en exergue la consanguinité réelle qui existe dans la classe politique, l’effet étant plus prononcé, avouons-le, dans la Capitale … Mais elle met également en cause les relations parfois obscures qui existent entre le monde politique et journalistique. Mon but n’est pas ici de dire que la déontologie journalistique interdirait à notre profession tout contact, tout déjeuner, toute rencontre hors interview avec les élus. Dire cela serait de la pure démagogie ! C’est d’ailleurs un peu l’exercice auquel Jean-Jacques Bourdin s’est livré lundi dernier face à Hervé Mariton lors de son interview matinale : « Vous et moi, on ne déjeunera jamais ensemble », a lancé le journaliste de BFM TV au candidat à la présidence de l’UMP. Ouais … Est-ce parce qu’un journaliste déjeune avec un élu qu’il en perd pour autant son objectivité ? La question est posée et mérite un débat. Pour ma part, je n’en suis pas convaincu, je dirais même le contraire, car le rôle du journaliste est également d’entretenir des relations qui lui permettent de glaner les bonnes infos. Le tout est que ces relations restent saines et claires sur les finalités.

« Le off : une réalité à Paris comme à Toulouse »

En revanche, la vraie question est celle qui concerne le « off », sujet tabou par excellence. Pour les profanes, le « off » correspond à tout ce qui peut se dire entre un politique et un journaliste, et qui n’est pas publié … Une pratique qui est une réalité valable à Paris comme à Toulouse. Mais finalement le « off » existe-t-il toujours ? Et doit-il d’ailleurs exister ? En fait, je reste persuadé que le « off » est une supercherie. Si un politique, même sous couvert du « off », transmet une info c’est qu’il souhaite qu’elle soit relayée … Bon sans que son nom apparaisse certes ; mais dans la plupart des cas il est, au final, de son intérêt que l’information en question sorte par un biais ou par un autre. Nous sommes dans un vrai poker-menteur entre journalistes et politiques, avec pour notre profession une dualité permanente : doit-on publier ou pas ? Avec parfois ce goût amer de se dire que certaines données, que certaines coulisses, ne sont jamais connues de l’électeur … Et que le journaliste pourrait donc ainsi participer à un véritable jeu de dupes. C’est ainsi que le « off » est devenu, en ces temps où journalistes et politiques sont en pleine crise de nerfs, une hérésie.



UN COMMENTAIRE SUR [Edito] On … Off : Foutage de gueule

  1. Guillemet dit :

    Bien dit!!!!!!

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