[Edito] On aime la politique mais pas nos feuilles d’impôts

26-01-2015 Thomas Simonian-5

Qui a dilapidé le trésor du Capitole ? C’est la question de la semaine. En effet, Jean-Luc Moudenc a bien annoncé une hausse de la fiscalité locale de 15% : « Notre ville vit au-delà de ses moyens. » Et a même provoqué avec le slogan : « Nous sommes au bord du dépôt de bilan. » L’opposition à l’édile ne s’est d’ailleurs pas fait attendre bien longtemps agitant à qui veut l’entendre la thématique de l’abandon des promesses électorales. Il est bien vrai que le Jean-Luc Moudenc candidat avait promis de ne pas augmenter les impôts… Mais aujourd’hui c’est bien le Jean-Luc Moudenc maire qui nous parle. Celui qui est dans la sacro-sainte « real politique. » Celui qui ne regarde plus seulement les voix à conquérir.

« Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », telle était la formule culte de Jean Yanne. Et la politique est ainsi… Car au fond dans cette affaire, il n’y a ni gagnant ni perdant. Il y a seulement deux visions de la gestion municipale qui s’affrontent. D’un côté, un maire dont on connaît la qualité de gestionnaire, et qui réduit la voilure avant qu’elle ne prenne davantage le vent. Celui que l’opposant François Briançon a dénommé « Pinocchio », en référence aux promesses électorales non tenues, est même si pragmatique qu’il en oublie le dogme qui régnait sous les ères Baudis et Douste-Blazy… Celui de l’endettement zéro. Aujourd’hui la crise oblige à abandonner un tel précepte. De l’autre, une opposition emmenée par l’ex… Pierre Cohen, qui ne se remet pas forcément en question et pour laquelle la question de l’endettement n’a jamais été tabou. Deux visions qui se défendent, un dialogue de sourds. Sauf qu’au final, dans une période où le pouvoir d’achat de chacun est en berne, le portefeuille du contribuable est de nouveau affecté. Hollande, Moudenc… Même topo. Gauche, droite même résultat. Comme le symbole d’un pays économiquement en déliquescence, et qui est désormais touché à tous les étages. C’est d’une réforme structurelle dont nous avons besoin ! Au risque de voir nos feuilles d’impôts devenir de plus en plus effrayantes. « Les gens n’osent même plus ouvrir leurs boîtes aux lettres », nous confiait récemment une candidate aux élections départementales.

“Le portefeuille du contribuable est de nouveau affecté”

Il est tombé, mais la faute à qui ? Le sénateur socialiste Jean Germain s’est suicidé ; toute la classe politique semble secouée par cette tragique disparition. Et certains élus de mettre en cause la sphère médiatique, en mettant en avant l’arlésienne présomption de l’innocence. Sans doute est-ce un peu vrai… Sans doute les médias accentuent un peu trop sur les mises en cause, en oubliant trop souvent d’évoquer les élus une fois qu’ils sont mis… hors de cause. Certes. Mais l’attaque est aussi facile… trop facile. Car un suicide ne peut s’expliquer que par un seul facteur. Par ailleurs, si la presse sort ici et là des affaires, c’est aussi de par les fuites, qu’elles soient judiciaires, policières ou politiques. Ce triste épisode nous rappelle qu’être un élu de la République est une tâche difficile. D’autant plus aujourd’hui avec la judiciarisation de notre société. C’est ainsi que désormais beaucoup de maires de petites communes ne veulent plus se représenter. Nous aimons et respectons nos politiques ! Il faut aussi savoir le dire.



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