[Edito] Nettoyage de printemps  

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Le soleil est revenu, quoique pas vraiment parti, et les oiseaux chantent. En cette saison, l’envie de flâner dans les rues de Toulouse se fait plus que jamais sentir. Encore faut-il ne pas prêter attention aux dernières mesures de la municipalité qui touchent l’aménagement du centre-ville. Alors que les kiosques art déco de l’Esplanade François Mitterrand sont dans le viseur du Capitole pour des raisons « de sécurité et de tranquillité publique »la majorité de Jean-Luc Moudenc vient d’installer des croix en métal sur les bornes urbaines du quartier Arnaud Bernard. Une idée ‘‘ingénieuse’’ pour empêcher toute personne de s’asseoir et de squatter la place, toujours en vertu du sacro-saint objectif sécuritaire. Un problème, une solution. Il y a des ‘‘trafics’’ autour des kiosques de Wilson ? Supprimons les kiosques. Il y a des ‘‘trafics’’ à Arnaud Bernard ? Saccageons le mobilier urbain pour faire fuir les gens. J’espère que les dealers ne vont pas se déplacer dans les parcs, sous des arbres, sinon on risque de couper toute la végétation toulousaine… Car c’est bien le fond du problème.

« Ce que l’on ne voit plus n’existe plus ? »

La délinquance ne va pas disparaitre, mais se déplacer. Encore et toujours. Ce type de mesures ne résout rien, mais donne l’impression que les choses avancent. C’est exactement la même problématique que l’arrêté anti-prostitution en vigueur dans plusieurs quartiers toulousains. Celui-ci a (encore) été prolongé d’un an, mais le phénomène n’a pas pour autant disparu. Les prostituées sont poussées à l’extérieur de la ville où elles sont davantage en proie aux agressions. Alors quel est l’objectif ? Repousser les problèmes à l’extérieur du centre-ville ? Ce que l’on ne voit plus n’existe plus ? Les brigades ‘‘anti-marginalité’’ ont déjà bien fait le travail à ce niveau-là. Jean-Luc Moudenc poursuit sa grande opération nettoyage. Il serait sarkozyste, on pourrait dire qu’il souhaite passer la ville au karcher (mais il n’a pas encore déclaré de position pour les primaires de la droite donc pour l’instant, on ne dit rien…). Pour adjoint à la sécurité, Olivier Arsac, Toulouse est une ville violente. Il ne faut pas nier les problèmes de sécurité, mais la violence peut prendre bien des visages.

 

 

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.