[Edito] Moudenc alias Wolverine cherche super-héros pour 2020

Thomas Simonian EditoLes tendances électorales se confirment le plus souvent entre les deux tours . Mieux, elles s’amplifient dans la plupart des cas. Les élections départementales n’ont donc pas fait exception à la règle. Au niveau national la « vague bleue » a tout emporté sur son passage, sans pour autant apparaître comme un « tsunami sarkozyste. » Car la philosophie made in Buisson qui était jusque-là en vogue dans la maison UMP a désormais du plomb dans l’aile … C’est bien une stratégie d’alliance avec le centre (UDI et MoDem) qui a payé dans le cas présent. Cela ne vous rappelle rien ? Mais oui, c’est cette même stratégie qui avait été en son temps (pas si lointain) sifflée par le fan-club de Nicolas. Faut tout de même dire que l’initiateur n’était autre que l’ennemi juré, le concurrent annoncé pour 2017 … Non pas l’ami Ricoré, mais bien l’ami Juppé. Le paradoxe est même majuscule aujourd’hui, le président actuel de l’UMP profitant à plein du succès de cette alliance à laquelle il ne croyait pas vraiment, mais qui a bien été validée par l’électeur souverain. La bonne blague ! C’est oublier un peu vite les récentes prises de position de l’homme du Fouquet’s sur les menus dans les cantines ou le port du voile dans les universités. On est toujours rattrapé par ses démons.

« Ce PS haut-garonnais résiste »

En revanche, le vent d’Autan a donc soufflé dans le mauvais sens pour la droite haut-garonnaise. « On y a peut-être trop cru ! » nous confie un élu, croisé dans les escaliers du Capitole. À la faveur d’un souffle national, l’espoir de renverser la citadelle Izard n’était plus une utopie pour beaucoup. Analystes y compris. Il y a quelques semaines en arrière, le nouveau boss du département, Georges Méric, était pourtant très confiant en répondant à nos questions : « Nous allons garder ce département à gauche, et ce n’est pas une affirmation gratuite. » C’est bien lui qui avait raison. Le résultat est même éloquent : l’union PS-PRG prend 24 cantons sur 27. Dans un moment de l’Histoire politique de ce pays où la gauche s’interroge sur son ADN, sur son corpus idéologique, et où la majorité présidentielle est clairement dans un doute d’ordre existentiel … Ce PS haut-garonnais résiste …

Mais ce scénario est-il si mauvais que ça pour Moudenc ? Certes la première analyse de ce scrutin départemental est implacable. La stratégie du Capitole a été mise à mal … La toile d’araignée a du mal à se tisser. L’édile de la ville rose n’est donc pas Spiderman … Mais pour les fans de Comics, Moudenc c’est davantage Wolverine, un super-héros doté d’un pouvoir de régénération. Il sait toujours rebondir, et puiser dans la défaite les ressources nécessaires au second souffle. En 2008, il perdait l’élection municipale, pour revenir encore plus fort en 2014. Et l’homme fort du Capitole peut finalement se satisfaire que les électeurs n’aient pas provoqué la naissance d’une deuxième personnalité de premier plan à droite dans ce département. Il reste ainsi l’incontournable. Ou quand des défaites peuvent parfois devenir vertueuses. En politique, il n’y a pas de règles. Wolverine attend son combat de 2020 … La question sera alors : quel super-héros socialiste sera en face ?

 



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