[Edito] L’indépendance… Pas si facile !

Thomas SimonianBrigitte Barèges, maire de Montauban, inéligible durant un an. C’est le rendu du Tribunal administratif qui fait suite au rejet de ses comptes de campagne… L’édile a fait appel. En cause : une promotion électorale déguisée par le biais d’articles parus dans l’édition tarn-et-garonnaise du Petit Journal. Un fait qui aiguise les commentaires sur les réseaux sociaux mais qui surtout met en relief une problématique souvent posée aux médias, celle de la proximité avec le personnel politique. Quelles sont les limites ? Cette affaire ne fait que souligner que nombre de titres sont en réalité sous perfusion des élus et des collectivités locales et qu’ils sont dépendants des budgets communication des uns et des autres, toutes étiquettes confondues. La faiblesse du modèle économique de la presse rend les rédactions à la merci du bon vouloir politique… Et parfois, la ligne jaune est franchie. En revanche, comme bien souvent, on peut s’étonner du deux poids, deux mesures. Je m’explique : il s’agit dans le cadre montalbanais d’une opération, sans doute frauduleuse, d’un montant estimé à environ 30 000 euros. Or, ne connaissez-vous pas d’autres médias régionaux dont les budgets issus des collectivités sont bien plus importants ? Et dont les contreparties sont bien plus opaques ?

« Nombre de titres de presse sont sous perfusion »

Car derrière cette réalité économique se cache bien entendu la question de la ligne éditoriale, inféodée ou pas, et donc celle plus large de l’indépendance de la presse. Il est d’ailleurs sans doute urgent que le débat soit enfin posé nationalement. Dans quelles conditions les collectivités doivent-elles participer au financement des titres de presse ? Les médias peuvent-ils appartenir à de grands groupes industriels ou autres ? (c’est le cas de TF1, du Monde, du Figaro, de Libération, de Valeurs Actuelles…) En Midi-Pyrénées, tout le monde a pu s’étonner que seules quelques lignes aient informé le lecteur de la défaite de Jean-Michel Baylet aux récentes élections sénatoriales… Y aurait-il eu de la censure en interne ? Ou de l’autocensure par crainte de représailles ? Mais la vraie question est : peut-on être patron de presse et président national d’un parti politique ? Toutes ces interrogations méritent un débat. La liberté de la presse en 2014 : au JT, nous allons ouvrir le dialogue sous peu sur cette thématique. Car ici, si nous avons choisi le modèle coopératif pour avancer, c’est aussi pour gagner en indépendance. Dans quelques mois, nous vous dirons si le pari est réussi… Mais aujourd’hui, nous le tentons.

 



UN COMMENTAIRE SUR [Edito] L’indépendance… Pas si facile !

  1. Kaluszynski dit :

    Pour l’indépendance de la finance part et une SCIC bien pensée cote collèges multiples

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