[Edito] L’heure de vérité… Ou presque

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Après le scandale politico-médiatique, le temps est venu pour la justice de faire son travail. Ou presque. L’ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, devait comparaître dès lundi dernier devant le Tribunal correctionnel de Paris pour fraude fiscale et blanchiment d’argent. Mes ses avocats ont réussi à faire reporter le procès à septembre prochain…  Nous avons déjà attendu trois ans après la révélation des faits dans la presse, on n’est plus à 6 mois près. Espérons pour François Hollande que ce soit le dernier report, sinon le procès pourrait bien finir par se tenir pendant la prochaine campagne des présidentielles ! La vengeance ultime pour ce retraité forcé de la politique ? Pour l’instant, le timing est favorable pour le gouvernement. Il aura permis de laisser passer toutes les élections intermédiaires (départementales et régionales) sans remettre sur le devant de scène cette affaire qui restera la honte du quinquennat Hollande. Le procès commencera donc sur la seule ‘‘année blanche’’ du mandat (c’est-à-dire année sans enjeu électoral). Bref, il est tout de même rassurant de voir qu’un ancien ministre peut être jugé au même titre qu’un citoyen lambda, quand nombre de responsables politiques semblent encore et toujours échapper à la sanction…

« Il est quasiment impossible de mourir en politique. »

Dans le sillage de l’affaire Cahuzac, n’oublions pas qu’un Toulousain a subi les foudres de la ‘‘moralisation de la vie politique’’ : Kader Arif. L’ancien secrétaire d’État aux anciens combattants a démissionné de ses fonctions en novembre 2014 suite à l’ouverture d’une enquête préliminaire pour favoritisme et prise illégale d’intérêt (affaire dite « AWF »). Plus d’un an après, nous n’avons pas plus d’éclaircissements sur cette affaire si ce n’est qu’une information judiciaire a été ouverte contre X en décembre dernier. En attendant, monsieur Arif siège toujours à l’Assemblée nationale, distille son avis sur la déchéance de la nationalité dans les médias… Il a même fait campagne pour Carole Delga lors des élections régionales. Comme si de rien n’était. La présomption d’innocence me direz-vous ! Un principe fondamental du droit français, protecteur des citoyens. Ne pas juger avant le jugement. Mais parfois, même lorsque la décision tombe on a du mal à la croire : non-lieu pour Sarkozy dans l’affaire Bettencourt, Jean-François Copé qui échappe à la mise en examen dans l’affaire Bygmalion… Il règne toujours un soupçon, à tort ou à raison. A contrario, les condamnations ne sont pas forcément un arrêt de mort politique. Alain Juppé est tout de même le favori des primaires à droite. Et je ne parlerai même pas du couple Balkany (trop facile). Il est quasiment impossible de mourir en politique. À quelques exceptions près : Cahuzac (quelle que soit l’issue du procès) et DSK. Les vices sont différents, certes, mais ils resteront enterrés dans le même cimetière. Le cimetière des éléphants.

 

 



UN COMMENTAIRE SUR [Edito] L’heure de vérité… Ou presque

  1. saforcada dit :

    Je rejoins totalement Coralie Bombail dans son écrit même si en politique je suis plus “présomption de culpabilité” que présomption d’innocence. La liste est longue de tous ces Politiques corrompus et corrompant, confondant porte-feuille électif et porte-monnaie personnel … Depuis toujours je suis partisan de l’inéligibilité à vie pour tous ceux qui auront fauté mais la route est encore longue surtout lorsque l’on voit avec quelle facilité nombreux sont ceux qui reviennent et se font élire. Je me demande parfois si la Français ne confondent pas Al Capone et Robin des bois …

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