[Edito] Les Transports, le nerf de la guerre

Thomas Simonian Edito

J’étais dans l’ascenseur qui me menait à l’étage de notre rédaction. A l’intérieur, trois cadres d’un grand constructeur aéronautique (ça vous dit quelque chose ?) m’accompagnent … Leur destination : l’étage au-dessus. Le sujet de discussion : « Y’en a marre de ces grèves !! », lance l’un deux. « L’appli m’indiquait que le prochain bus arrivait dans deux minutes. 30 minutes après j’attendais encore », répond un autre. Cet échange intercepté au hasard de la journée trépidante d’un journaliste fait écho à l’actualité du moment. Métro, tramway, bus … Depuis de longues semaines le dialogue social s’est donc envenimé à Tisséo. Avec pour conséquence des usagers qui s’agacent, et des bouchons qui se multiplient. Entre le Capitole et les syndicats, il y aura pourtant forcément un gagnant et un perdant. La fermeté de Jean-Luc Moudenc et Jean-Michel Lattes pourrait payer.

Mais derrière la vitrine, ce malaise illustre parfaitement le fait que les transports soient devenus au fil du temps un réel enjeu politique.  Les dernières campagnes municipales toulousaines l’ont d’ailleurs bien démontré … En 2008, Jean-Luc Moudenc perd l’élection sur cette question. Et en 2014 Pierre Cohen trébuche lui-aussi sur cette même problématique. Et rappelons-nous le catalogue de projets plus ou moins farfelus qui sont venus agrémenter la dernière campagne pour conquérir le Capitole … Du côté des candidats sérieux il y avait le BHNS (bus à haut niveau de service, ndlr) + le tramway qui aurait relié le tribunal à Matabiau pour Cohen. Il y avait bien entendu pour Moudenc la troisième ligne de métro et la seconde rocade. Mais nous avons eu droit également à des voitures volantes présentées tel un teaser hollywoodien par l’ancien sénateur Jean-Pierre Plancade. Ou bien encore à des micro-bus venus de Cuba vantés par l’écologiste Elisabeth Belaubre. Une bonne blague ! Oui, on a vraiment bien rigolé durant certaines conférences de presse, avouons-le. Notre métier a du bon. Mais cette surenchère de projets démontre surtout de manière plus scrupuleuse que le politique a également bien saisi quelle était l’attente des habitants de cette grande agglomération. Le politique savait que cette élection se jouerait sur ces dossiers-là.

“Une nécessité dans cette métropole”

Aujourd’hui le constat est clair. Le phénomène s’accentue. Même lors de la dernière campagne départementale les transports se sont invités au menu. A gauche, et au Sicoval en particulier, on a mis la pression sur le prolongement de la ligne B du métro tant attendu. Car il serait en danger … A droite, on a diffusé un tract entre les deux tours qui prenait à partie le PS sur l’éventuelle privatisation de l’aéroport. Les transports toujours les transports. Une nécessité dans cette métropole qui ne va cesser de prendre de l’ampleur. Une inquiétude pour dégager les marges de manœuvre nécessaires. C’est d’ailleurs toute la difficulté du moment du côté du Capitole … Dans une période de diète pour les finances des collectivités, il est bien difficile d’avouer les difficultés économiques réelles de Tisséo.  Car un tel aveu reviendrait à médiatiser des doutes sur le financement d’une potentielle troisième ligne de métro. Transports, vous avez dit transports ?



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.