[Edito] Le stade politicien

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Cette semaine, deux phénomènes étranges se sont passés à Toulouse. Deux rapprochements inattendus. Le ballon rond du TFC a côtoyé celui ovale du Stade Toulousain lors d’un entrainement commun au Stadium ! Un moment rare que les joueurs ont visiblement apprécié au vu des photos et commentaires partagés sur les réseaux sociaux. Et pendant ce temps, Dominique Reynié et Carole Delga (candidats aux régionales, respectivement LR et PS) prennent la pose ensemble, sourires aux lèvres, alors qu’ils participent à leur première table ronde commune sur le thème des travaux publics. Les sourires étaient peut être légèrement forcés mais ils se sont prêtés au jeu des photographes. Fair play. Un point commun entre le sport et la politique ? Non, la comparaison n’est pas tenable jusqu’au bout. Quoique.

« Moi, je tire toujours le premier et après je pleure »

Les deux candidats, comme tous les politiques en campagne, ne sont pas avares de critiques l’un envers l’autre. Mais c’est le jeu, qui a ses règles et ses codes. Il parait qu’en sport, respecter l’équipe adversaire, c’est ne pas lui faire de cadeaux et marquer tous les buts qu’il doit prendre. En politique, c’est la même chose : ne pas saisir l’occasion de ‘‘balancer un scud’’ à son adversaire est une faute de jeu. Laisser transparaître une faille qui puisse être utilisée par lui, également. En revanche, l’attaque sévère est une marque de respect. Personne ne s’en prend violemment à quelqu’un qui ne représente pas une menace. La majeure partie du jeu politique se déroule sur le terrain médiatique. Et le terrain des idées alors ? Aussi, mais celles-ci sont principalement véhiculées via… les médias. Elles sont conçues et formulées pour être communiquées et pour faire passer un message qui va au-delà de l’idée elle-même. Ce sont les tactiques du jeu. Quant aux joueurs, les équipes de Carole Delga et Dominique Reynié sont en passe d’être finalisées, avec titulaires et remplaçants. Qu’on ne me dise pas que la politique n’est pas un sport respectable. Après tout, nos fouteux et stadistes peuvent jouer en franche camaraderie, car il y a peu de chance qu’ils s’affrontent un jour en compétition officielle… Tandis que Carole Delga et Dominique Reynié vont se livrer à une bataille sans merci. Pour conclure, j’ai envie de citer Georges Frêche : « En politique, si vous êtes trop tendre, on vous tue. Moi, je tire toujours le premier et après je pleure. » Une phrase qu’il a prononcé lors de sa dernière campagne régionale (victorieuse). C’est peut être ça le fair play en politique : assassiner en toute humanité.

 

 

 

 



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