[Edito] Le quinquennat prend l’eau

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

La pluie n’a pas découragé les manifestants, ce mercredi 9 mars. Lycéens, étudiants, salariés, fonctionnaires ont sorti les banderoles contre le projet de loi de la ministre Myriam El Khomri. Pour ceux qui vivent dans une grotte, c’est la loi qui prévoit de réformer le Code du travail dans l’objectif de favoriser l’embauche, en s’inspirant de la ‘‘flexi-sécurité’’ nordique. Sauf que, derrière ce mot magique qui veut tout et rien dire, on se rend compte que la flexibilité est certes au rendez-vous tandis que la sécurité des salariés a foutu le camp. Faire prévaloir les accords d’entreprise sur la loi est l’erreur la plus grossière de ce projet. Bien sûr, le gouvernement a eu un léger sursaut face à l’ampleur de la contestation et on ne sait pas encore ce qui va aboutir du travail parlementaire. La droite, qui applaudit des deux mains le projet initial, a peur de le voir « accoucher d’une souris ». Dixit Sarkozy. Mais le rouleau compresseur Valls/Macron semble bien déterminé à écraser ce qui reste de la gauche au gouvernement. Pauvre Myriam El Khomri, marionnette aux mains du Premier ministre, qui laissera son nom à une loi qui enterre le socialisme. La rue peut-elle changer l’histoire ? Ce ne serait pas la première fois. L’histoire du pays, je ne sais pas. L’histoire de la gauche certainement.

« Il ne faudra pas venir pleurer »

Cette loi pourrait passer pour du courage politique : la réforme du Code du travail est un chantier auquel personne n’a osé s’attaquer jusqu’à présent. Mais il ne faut pas confondre courage et inconscience. François Hollande souhaite inverser la courbe du chômage à tout prix. Mais le prix politique risque d’être lourd à payer. En admettant même que cette loi puisse être efficace (ce qui est loin d’être prouvé), il n’y a aucun effet à espérer avant la fin du mandat. On se souviendra seulement de la colère et de l’exaspération. On se souviendra que le quinquennat Hollande aura brisé la gauche. Une grande partie des élus socialistes sont en partis en guerre contre cette loi. Mais cela ne suffit pas de descendre dans la rue. Il faut entamer un vrai débat sur la ligne politique du parti. Plus largement, il faut entamer un vrai débat sur ce que signifie «être de gauche » au XXIe siècle. Il risque d’y avoir du sang au prochain congrès du PS. À moins que tout le monde se débine et finisse par voter la motion solidaire du gouvernement. Comme l’avait fait Martine Aubry au dernier congrès, pour rappel… Mais il ne faudra pas venir pleurer dans un an.

 

 



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