[Edito] Le palais départemental, dernier bastion de Gaston Fébus

Thomas SimonianDepuis le 3 septembre dernier, le parvis du Conseil général est devenu l’habitation principale de manifestants qui contestent le désengagement du département dans ses missions de protection de la petite enfance. Plutôt étrange comme contexte, non ? Cette institution a pour vocation de traiter en priorité les dossiers sociaux… Et ne voilà-t-il pas que ce sont des associations, des syndicats et des partis qui sont plutôt des mêmes sensibilités que la majorité départementale, qui sèment le trouble aux abords du QG de Pierre Izard. Une citadelle jugée imprenable durant des décennies… Au dernier étage du château, le seigneur rappelle Gaston Fébus. Celui-là même qui rêva d’indépendance dans son Béarn, et qui réussit à étendre son pouvoir tout au long des Pyrénées… Autoritaire le seigneur, avez-vous dit ? Le tonnerre gronda en effet vite face aux cris de révolte de Sud, du Parti de Gauche et des autres… Par peur du soulèvement des vassaux, « en raisons d’éléments extérieurs perturbateurs », le département a décidé de fermer momentanément ses portes, et suspendant ainsi certains de ses services. Etrange, alors que nous sommes en pleine rentrée scolaire. Etrange, au moment où tant de familles attendent de pied ferme les cartes de transports scolaires… Comme le signe d’un retour en arrière qui pourrait paraître inquiétant… Comme si « Les Visiteurs » Jacquouille et Godefroy de Montmirail étaient aux-côtés des manifestants… Comme si le seigneur craignait de perdre la main.

De quoi a-t-on peur ?

Un épisode de plus qui va continuer à creuser ce sentiment d’impunité de ceux qui ont le pouvoir. Pourquoi ne pas prendre le temps du dialogue ? Le Conseil général a sans doute de bonnes raisons d’avoir pris certaines de ces décisions contestées. Mais, l’important n’est pas toujours la prise de décision… Il s’agit avant tout de prendre le temps de l’explication. Or, le politique, à Toulouse comme ailleurs ne sait pas (ou plus) être pédagogue, et avoir un discours de vérité. La conclusion est ainsi… A l’image de la dureté éprouvée dans ce nouvel épisode de « Game of Thrones » à la sauce cassoulet. Des manifestants à cran face à un seigneur sûr de son fait. Le citoyen à l’accent prérévolutionnaire face à un élu sourd, ou qui ne veut plus entendre.

Un épisode qui est à lui seul l’expression d’un contexte actuel. La fronde est décidément à la mode.

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