[Edito] Le changement, c’est pas maintenant

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Le séisme qu’on nous prédit depuis des mois n’a pas eu lieu. Le FN n’a remporté aucune région, le PS sauve les meubles et la droite s’en sort comme prévu. Ouf. Tout peut continuer comme avant. La vie politique française peut reprendre son cours tranquillement… Tant mieux ou tant pis. À quel moment le déclic va-t-il se produire ? Devons-nous attendre une victoire du FN pour que nos élus se réveillent ? Dans notre future région, les élus se battent déjà pour leur part du gâteau dans l’assemblée régionale. Entre Gérard Onesta qui veut une présidence partagée, Carole Delga qui ne démissionne pas de son poste de députée, la droite qui commence à se déchirer… Personne ne s’inquiète de voir 40 élus FN entrer en fonction en janvier. Au niveau national, ce n’est pas plus joyeux. Les Républicains veulent entamer un débat sur la ligne, mais virent NKM (histoire de discuter entre gens d’accord entre eux) ; Cécile Duflot refait surface toute mielleuse après avoir déversé tout son venin sur le gouvernement. La prochaine échéance, c’est les présidentielles… Marine Le Pen figure au second tour selon toutes les enquêtes d’opinion. Et personne n’est capable de contrer son ascension vers le pouvoir.

 Le FN, bientôt un parti comme les autres ?

Les élections régionales étaient le dernier sondage réel avant 2017. Le dernier avertissement avant la sanction finale. Là, ce ne sera plus une alerte, un signal, un coup de gueule, une protestation. Ce sera la réalité qui nous rattrapera au galop. Celle qui ne pourra plus être masquée par un front républicain bancal. Au fond de nous, personne n’arrive à croire vraiment à ce scénario. On se dit qu’il y aura bien quelque chose pour empêcher ça, qu’il y aura toujours un sursaut au second tour. Malheureusement, à ce stade, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher le Front national de gagner le pouvoir, un jour. Rien ne semble l’atteindre. Ni les affaires, ni les scandales, ni les querelles familiales. Quand on ne leur donne pas la parole, on les victimise. Quand on leur donne, on les banalise. Alors quoi ? On attend sans rien faire que les choses se désagrègent d’elles-mêmes ? Mon seul espoir réside peut-être dans le fait que le FN devienne un parti comme les autres (ne me huez pas !). Les Français se rendront compte que s’il y a autant de candidats qui se bousculent aujourd’hui au portillon frontiste, ce n’est pas amour de patrie, mais bel et bien par amour des postes. Comme partout ailleurs, les cadres FN sont avant tout des fins politiciens et les élus n’ont pas davantage d’éthique dans leurs pratiques que les autres : cumul des mandats, absentéisme dans les institutions, etc. Ce parti finira par être méprisé comme les autres. La question est : quand ?

 

 

 

 



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