[Edito] La mue discrète du Capitole

Thomas Simonian EditoIl y a des faits politiques qui passent inaperçus … Ou presque. La semaine dernière Jean-Luc Moudenc  a pris position sur une actualité de politique nationale. Fait plutôt rare, et donc forcément qui pousse à l’analyse. A la veille du congrès de son parti, le maire de Toulouse s’est déclaré opposé au changement de dénomination : « L’article défini ‘Les’, placé devant le mot Républicains, peut laisser penser que le futur parti rassemblerait les républicains, alors qu’il rassemblera des républicains. » Ainsi l’édile de la ville rose dévoile une partie de son itinéraire politique venu du centre, venu plus précisément du CDS (centre des démocrates sociaux, ndlr.) «Ils seront républicains. Nous aussi ! Mais, en plus, nous sommes démocrates et fédéralistes. Il y a eu des républiques sans liberté mais ce n’est jamais arrivé pour des démocraties fédéralistes. » Une attaque signée ici … Jean-Christophe Lagarde, le patron de l’UDI. Mon petit doigt me dit que la pensée du locataire du Capitole n’est pas forcément éloignée de cette sortie médiatique de son vieil ami croisé du temps des JDS (jeunes démocrates sociaux, ndlr.) Un historique partagé avec plusieurs de ses adjoints actuels : Jean-Michel Lattes, Jean-Luc Lagleize ou Jean-Jacques Bolzan. Sans oublier Blandine Moudenc.

« Retrouver les faveurs d’un corps électoral plutôt modéré »

Un avis sur « Les Républicains » qui en dit beaucoup sur la stratégie à venir. Car sa défaite municipale en 2008 face à Pierre Cohen l’a déjà démontré, Jean-Luc Moudenc sait rebondir et se remettre en question. Les résultats des récentes élections départementales l’ont illustré, le Capitole doit réagir au risque d’un décrochage avec la population. Durant sa première année de mandat Jean-Luc Moudenc s’est attelé à mettre en place ce qui constituait la droite de son programme, la sécurité. La promesse est donc tenue, sauf qu’elle n’est pas forcément l’attente n°1 d’une partie de l’électorat. La sociologie « boboïsée » de notre ville est de fait plutôt à gauche, le scrutin municipal restant une exception (est-ce l’héritage Baudis ?) surtout lorsque la gauche reste plurielle au premier tour. Un contexte politico-sociologique qui n’a pas pu échapper au maire dans cette ère post-départementale. Le signe d’un changement de cap ? On peut donc le penser.

La sécurité oui, à condition de ne pas avancer contre-nature. Donner des gages à sa droite, en retrouvant les faveurs d’un corps électoral plutôt modéré. On communique sur la vidéosurveillance, tout en s’émancipant d’un cocon qui a servi à la reconquête. En prenant position sur le futur nom de sa famille politique le maire prend donc ses distances avec l’appareil, et avec un certain Nicolas Sakozy. Il ouvre de nouveau les pages de son livre de chevet : « Moudenc, le centriste. » Une épopée entreprise durant les années étudiantes, et qui s’était achevée momentanément en 2010 avec la prise de l’UMP 31. Pour la campagne départementale JLM était à tous les étages, de la constitution des binômes aux marchés. Pour la campagne régionale, il a déjà pris du recul. Il ne reste pas éloigné des prises de décision, mais fait croire habilement qu’il s’en détache … « Moudenc 2, le retour » vient donc de sortir sur les écrans.

 

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.