[EDITO] Je t’aime moi non plus

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Cette semaine, c’était au tour des policiers de défiler dans la rue pour protester contre la ‘‘haine anti-flic’’. Une réaction aux dérapages et aux violences constatées lors des manifestations contre la loi Travail. La haine anti-flic est-elle une réalité ? L’opinion est très versatile sur le sujet. Il n’y a qu’à se souvenir de certaines scènes après les attentats de Charlie hebdo où les policiers étaient ovationnés par la foule. Aujourd’hui encore, un sondage révèle que 82% des Français ont une opinion favorable des policiers. L’exaspération des forces de l’ordre est due à l’attitude d’une minorité de casseurs qui sévit dans les manifestations. On ne peut pas dresser une généralité à partir de ces faits. Tout comme l’on ne peut pas généraliser la violence policière à partir des vidéos qui tournent régulièrement sur les réseaux sociaux. À force d’exacerber le trait, d’un côté comme de l’autre, cette situation de tension extrême va aboutir à un drame.

“L’effet cocotte-minute pourrait bien nous exploser à la figure.”

Est-ce que le gouvernement laisse pourrir volontairement la situation ? C’est ce que sous-entend le syndicat policier Alliance, qui dénonce les ordres donnés aux CRS de ne pas agir face aux casseurs. Il est vrai qu’en laissant les manifestations dégénérées, le mouvement de contestation est décrédibilisé aux yeux de l’opinion. D’un autre côté, le gouvernement ne peut pas se permettre une bavure policière à un an des présidentielles. Le mieux est donc d’intervenir le moins possible. Mais l’effet cocotte-minute pourrait bien nous exploser à la figure… En plein état d’urgence, les forces de l’ordre sont épuisées par des conditions de travail de plus en plus rudes. D’ailleurs, on n’a vu jamais autant de manifestations sous ce quinquennat depuis que l’état d’urgence est en vigueur…  C’est à se demander à quoi cela sert. Un simple effet de communication politique, histoire de montrer que des mesures drastiques ont été prises après les attentats de novembre dernier ? Possible. Personnellement, je ne vais pas prôner l’interdiction des manifestations. Il n’y aurait de mieux pour faire monter la tension d’un cran. Par contre, on pourrait peut-être en finir avec cet état d’urgence…

 

 



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