[Edito] Irresponsables politiques

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Je m’étais refusé jusque-là tout commentaire sur les migrants. D’abord, parce que tout le monde y va de son petit avis, de sa petite phrase. Entre bons sentiments dégoulinants et propos nauséabonds, entre hypocrisie et récupération, je n’avais pas envie de rajouter ma voix à la cacophonie ambiante. Mais voilà, il est dur de garder le silence face à un enjeu international, européen, français, régional… Un enjeu qui pousse chacun dans ses retranchements, chacun dans ses extrêmes, chacun dans ses frontières. Il arrive un moment où le silence des uns laisse place aux vociférations exaspérantes des autres. Nos politiques se sont particulièrement illustrés en la matière… Nicolas Sarkozy évoque la « désintégration de la société française ». Et je ne parle même pas des différentes déclarations du FN… La tentation d’agiter le chiffon rouge de la peur, de la crise, du repli sur soi est trop forte. C’est un positionnement efficace, adopté par des irresponsables politiques. Ceux qui veulent créer le climat de haine et de tensions, nécessaire à leur (ré)élection. Pour apaiser le débat, arrêtons de manipuler les chiffres, arrêtons de parler d’invasion, arrêtons de parler de danger terroriste.

 « Ceux qui veulent créer le climat de haine et de tensions, nécessaire à leur (ré)élection »

Faut-il ou pas accueillir les migrants ? Est-ce vraiment la question qui se pose à nous ? Pouvons-nous empêcher des gens en danger de mort de fuir leur pays ? Non. Pouvons-nous fermer nos frontières en se disant ‘‘ils n’ont qu’à aller chez les voisins’’, qui eux-mêmes ferment leurs frontières ou sont déjà en difficulté (Italie, Grèce, Hongrie) ? Non. Quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense, ces migrants entrent et entreront sur notre territoire. Voilà le postulat de départ. Fermer les yeux sur la réalité de la situation n’est pas tenable. Bien sûr, le problème aurait pu se régler au niveau européen, afin de répartir ‘‘équitablement’’ le flux migratoire entre pays. Mais il n’y a aucune chance de voir une négociation aboutir. C’est le genre de sujet où la souveraineté nationale reprend tous ses droits. Bien sûr, il faut agir en amont sur l’origine de cette migration massive en s’attaquant à Daesh. On peut regretter la prise de conscience tardive du président de la République sur ce point. Mais la question aujourd’hui se pose en ces termes : comment gérer l’urgence d’une situation qui s’impose à nous ? Considérer les migrants comme des clandestins à reconduire aux frontières, c’est nier leur histoire, c’est nier notre Histoire.

 



UN COMMENTAIRE SUR [Edito] Irresponsables politiques

  1. saforcada dit :

    effectivement Coralie, il faut avoir un regard “au-dessus de la mêlée” mais ce regard ne doit pas tirer des conclusions hâtives négatives ou positives. L’on doit effectivement, obligatoirement, venir en aide à tous ces “déplacés” mais il faut le faire de façon sérieuse mais aussi “sécuritaires” tout autant pour nous que pour eux. nous ne parlerons pas de la situation sur zone car nous (les gouvernements) avons montré notre lâcheté et notre inconséquence mais il faut par contre ne pas avoir peur de dire que le pseudo appel d’air de madame Merkel a été contre productif tout comme est contre productif la pseudo idée des quotas qui ne sont que de la poudre aux yeux … vaste sujet, débat houleux et prenant qu’il faudrait développer beaucoup plus.

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