[Edito] Instincts primaires

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Coup de théâtre ! Une partie de la gauche conteste François Hollande et demande une primaire pour choisir le candidat de la prochaine présidentielle. En voilà une nouvelle. Daniel Cohn-Bendit avait déjà évoqué l’idée il y a quelques mois. La gauche anti-système plus que jamais dans le système. Déjà la tête dans l’élection suivante à peine les régionales passées. Nous vivons dans un pays qui est en campagne permanente, sans répit, sans pause. Et on s’étonne qu’il n’y ait pas de réforme structurante… Bien sûr, on peut parler du ‘‘plan d’urgence pour l’emploi’’, qui ne contient aucune mesure révolutionnaire. À l’image du plan de simplification, il risque d’avoir davantage d’effet sur le papier que dans la réalité. Bref, le pseudo débat sur une primaire à gauche – qui n’aura jamais lieu- n’est qu’un coup médiatique de plus. Pour certains, ce doit être déjà l’occasion de poser les jalons d’une future négociation de poste…

« La montée historique du FN, c’est déjà derrière eux. »

Pendant ce temps, le climat se délite. Une nouvelle attaque antisémite à Marseille défraye la chronique et effraye la communauté juive. Là encore, on se concentre sur un faux débat : le port de la Kippa. Tout le monde y va de sa petite déclaration. C’est toujours plus simple que de proposer des solutions concrètes pour lutter contre la montée de l’antisémitisme. Christiane Taubira a réaffirmé le droit des juifs de porter une kippa. Alors tout va bien. À défaut d’avoir le courage de prendre la porte du gouvernement, en assumant jusqu’au bout sa position sur la déchéance de nationalité, elle a le courage d’enfoncer une porte ouverte… Un épisode de plus qui révèle que la leçon des élections régionales n’a pas été prise chez nos politiques. La montée historique du FN, c’est déjà derrière eux. Et pourtant, c’est bien devant nous. À droite, Valérie Pécresse et Christian Estrosi repoussent finalement leur démission de l’Assemblée nationale, quand Laurent Wauquiez nous explique qu’il préfère cumuler ses fonctions de président de Région et de député pour ne pas laisser la place à des élus parisiens « qui ne connaissent plus les problèmes concrets des Français ». Cela m’a fait penser à Nicolas Sarkozy qui ne voulait pas vraiment revenir en politique, sauf si la situation de la France l’exigeait. Il apprend vite le jeune Wauquiez. De quoi garder au chaud les sièges de nos nouveaux élus frontistes.

 

 

 



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